Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 17 novembre 2017

Mussidan. La Communauté de communes Isle et Crempse en Périgord veut rassembler les agriculteurs autour d’un atelier de découpe et de transformation avec, éventuellement, un point de vente collectif.

Un atelier de découpe et transformation partagé

« Je connais des agriculteurs qui élèvent leurs animaux, en Périgord, vont les faire abattre à Bergerac, les envoient à la découpe et transformation en Lot-et-Garonne avant de les rapatrier ici pour les vendre. Pour eux, disposer d’un atelier de découpe serait un immense gain de temps. » L’argument évidemment fait mouche. D’autant qu’à l’heure des grandes préoccupations environnementales, la proximité fait son effet. « Quand on parle tant de circuits courts, il y a aussi la notion de l’empreinte carbone », ajoute Marie-Rose Veyssière, maire de la commune de Saint-Jean-d’Estissac et présidente de la Communauté de communes Isle et Crempse en Périgord. 

Sauf que comme pour tout, c’est l’argent le nerf de la guerre. Et d’argent, les agriculteurs n’en ont pas les poches qui débordent, c’est le moins que l’on puisse dire. L’élue en témoigne : « Certains de ces éleveurs ont suivi des stages pour pouvoir faire de la transformation sur leur exploitation. Mais lorsqu’ils se retrouvent à l’étape de la construction du laboratoire, ils se heurtent au financement. Ils sont volontaires mais ne peuvent pas aller plus loin faute d’argent. »

D’où l’idée née dans l’esprit de cette élue soucieuse du développement économique de son territoire, suite à un voyage en Ariège :  construire un atelier de découpe et transformation sur place, partagé par les éleveurs, agriculteurs, maraîchers du secteur.

 Ouvert à toutes les filières

Le projet n’en est qu’aux prémices. La Communauté de communes Isle et Crempse en Périgord vient tout juste de lancer l’étude de faisabilité, après avoir fait valider l’idée par sa commission agriculture. « Nous avons fait appel à un bureau d’études extérieur, basé à Tarbes, pour prospecter auprès des agriculteurs du territoire sur l’opportunité de disposer d’un atelier partagé », explique Marie-Rose Veyssière, avant de préciser que ni les conseillers communaitaires, ni elle ne voulaient se poser de barrières : « Nous avons prévenu le bureau d’études de ne pas se cantonner aux agriculteurs du territoire de la communauté de communes. S’il y en a qui sont extérieurs et sont intéressés, au contraire, nous sommes preneurs aussi de leur avis. »

Même raisonnement pour les secteurs d’activité. « Nous ne voulons pas nous restreindre à l’élevage. Ça ne doit pas être un atelier de transformation uniquement de viande. Ça peut aussi concerner des maraîchers et autres cultivateurs, insiste la présidente de la communauté de communes. Nous ne fermons la porte à rien ni personne. Nous nous adapterons en fonction de ceux qui sont intéressés et dans quelle mesure. »

Enquête en fin d’année

Une telle initiative n’existe pas sur le département. Seul exemple : l’atelier de découpe et transformation du lycée agricole de Périgueux, “partagé“ par plusieurs agriculteurs autour de Périgueux. La communauté de communes veut, quant à elle, rapprocher l’outil de “ses“ producteurs et éleveurs. « Nous voulons relocaliser les retombées économiques agricoles et
agroalimentaires et redynamiser nos productions locales »,
écrit-elle dans un communiqué à l’adresse des agriculteurs, dans le but de les informer de son projet.

L’enquête du bureau d’études démarre ce mois-ci et sera menée durant plusieurs semaines. Compte rendu des résultats : février 2018.

 


Réussir le Périgord
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