Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 17 novembre 2017

Judiciaire. Une vingtaine d’agriculteurs comparaissent, mardi 21 novembre, au tribunal correctionnel de Bergerac. Pour marquer leur solidarité, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs appellent à une manifestation dans le calme, devant le tribunal.

Appel au soutien dans le calme

Le calme. S’il y a bien un mot d’ordre qui prédomine avant ce rassemblement de solidarité suscité par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, mardi 21 novembre, sur le parvis du tribunal correctionnel de Bergerac, c’est celui de calme. Le calme pour contraster peut-être avec l’impression de désordre que le souvenir des événements pour lesquels comparaîtront ce jour-là une vingtaine d’agriculteurs fera remonter dans les mémoires. Ce 20 août 2015, ils sont environ 200 agriculteurs à manifester leur désarroi et leur colère face à une conjoncture des prix du lait et de la viande plutôt désastreuse.

Le mardi 21 novembre prochain, jour de comparution d’une vingtaine d’entre eux, la FDSEA et les JA n’en attendent pas tant. Sébastien Lechevalier, président des Jeunes Agriculteurs Dordogne, « ne [se] fait aucune illusion ». Mais s’il « n’espère pas mobiliser sur le thème du dossier, on le fait pour les agriculteurs eux-mêmes, leur témoigner notre soutien ».

« Nous ne voulons pas croiser le fer »

Deux problématiques se mêlent en effet dans ce procès, comme le rappelle Me Benoît Ducos-Ader, l’avocat bordelais en charge de la défense des prévenus. « Il y a le problème général qui soulève la question des agissements des grandes surfaces avec les agriculteurs et les difficultés que rencontrent ces derniers, et il y a le problème plus particulier de qui a fait quoi dans la vingtaine de personnes qui sont poursuivies. »

En face, c’est l’enseigne Casino qui se positionne comme plaignante, estimant à 100 000 Ä les dégradations qu’elle a subies. Me Ducos-Ader refuse cependant de rentrer à nouveau dans une confrontation frontale. « Nous ne sommes pas dans l’attitude de personnes qui veulent croiser le fer avec la grande distribution. Nous souhaitons que le tribunal se mette dans la peau des agriculteurs en 2015 et, à travers ça, qu’il juge justement la situation de ces 20 agriculteurs. Si une solution amiable et raisonnable est trouvée, les syndicats sont même prêts à indemniser un quelconque préjudice financier évoqué par les grandes surfaces. » 

Côté syndicats, on tempère : « Oui, on est d’accord avec ça du moment que ça ne dépasse pas l’euro symbolique. On ne va pas mettre financièrement en péril un syndicat alors que les plaintes témoignent clairement d’une atteinte au droit à manifester. » Un fond d’agacement demeure donc encore. « Mais nous allons nous défendre sans qu’il y ait d’excès et nous avons demandé à tous ceux qui voulaient venir témoigner leur soutien de le faire de façon paisible », a rappelé Me Ducos-Ader.


 Rappel des faits

Le 20 août 2015, dès 10 h, les agriculteurs investissent le parking du lycée Pré-de-Cordy, à Sarlat. Ils sont plusieurs dizaines, près de 200 selon les organisateurs et la gendarmerie, présente pour encadrer la manifestation. Une soixantaine de tracteurs et remorques ont également été mobilisés. Dès la fin de matinée, le cortège gagne les grandes surfaces. Casino, Leclerc, Lidl et Leader price sont visés de même que la sous-préfecture. Les manifestants se retrouveront également devant la permanence de Germinal Peiro, alors député.

 


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