Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 10 novembre 2017

Tourisme. Des établissements hôteliers et une agence réceptive installés dans le périmètre de la vallée de la Vézère ont participé en Italie, avec la CCI Dordogne, à un workshop spécialement dédié aux sites classés au patrimoine mondial.

Unis dans un réseau Unesco

Sept entreprises touristiques établies dans le périmètre périgourdin classé par l’Unesco (lequel compte quinze sites de la vallée de la Vézère) ont bénéficié d’un accompagnement sur mesure par la CCI Dordogne dans le cadre du réseau européen Mirabilia, pour se présenter dans un workshop à Vérone (Italie), en octobre dernier.
Mirabilia, réseau né en Italie il y a cinq ans, se distingue en prenant pour pré-requis le label Unesco de sites “intermédiaires” :
cet objet de promotion et axe de vente, qui repose sur des destinations touristiques d’excellence, remet dans un premier temps le Périgord à sa place de merveille parmi bien d’autres merveilles...
« Même avec l’image de Lascaux, la notoriété n’est pas toujours au rendez-vous. » Et Jean-François Cros, vice-président de la commission économique touristique de la  CCI Dordogne, de citer aussi une perle comme Matera, cité troglodytique au sud de l’Italie, pas forcément connue de nous en retour...
 Avec cinquante-trois sites, l’Italie est le pays le plus riche en classements au patrimoine mondial. La France se situe pour sa part en troisième position, avec quarante-trois inscriptions Le rapprochement est opportun pour fédérer et surfer sur l’image Unesco, avec Bordeaux comme porte d’entrée pour le Périgord.

Susciter des affaires

Mirabilia est né de cinq CCI italiennes en 2012 et compte quatorze chambres désormais, dont quatre françaises : la CCI du Tarn est chef de file, avec Tarbes, le Gard et la Dordogne, seule en Nouvelle-Aquitaine. Le workshop organisé par le réseau a réuni plus d’une cinquantaine d’acheteurs, tours opérateurs et agences touristiques du monde entier, et deux cents vendeurs, parmi lesquels la délégation périgourdine. Pour Pascal Siegler, conseiller développement entreprises et territoires à la CCI Dordogne, il s’agissait autant de favoriser des affaires que de valoriser la destination. À l’engagement financier de la CCI s’est ajouté un soutien pédagogique et logistique, notamment à travers un atelier en amont pour bien présenter son affaire. Ce qui distingue cette mission des salons sur lesquels peut se rendre le Comité départemental de tourisme, par exemple, c’est l’orientation résolument professionnelle, pour ouvrir des marchés. Un workshop permet vraiment de placer le vendeur au centre du projet, dans une relation d’apporteurs d’affaires. Sur ce salon italien, il était possible d’établir des contacts avec la Chine, la Russie, le Japon ou l’Estonie, sur la base d’un tourisme culturel. Les acheteurs y ont découvert de nouvelles destinations.
Les établissements hôteliers et l’agence réceptive qui ont passé deux jours à Vérone se sont retrouvés lundi 6 novembre au domaine de La Rhonie, à Meyrals, l’un des sites participants, pour faire un point sur cette première tentative. Le groupe, constitué sur la base d’une présélection d’établissements volontaires, reflétait une approche de tourisme expérimental et d’accueil de groupes dans une catégorie haut de gamme. L’idée étant bien sûr d’attirer des clients en avant et arrière-saison.

Des remises en question et des retombées

Partir groupés et encadrés a pu rassurer certains. Pour le dirigeant de l’hôtel de la Petite Reine, à Siorac, c’est l’occasion de sortir du marché franco-français dans lequel il évolue et de se laisser séduire par une ouverture internationale.
Pour Marie-Rose Ampoulange (La Rhonie), c’était le premier workshop et elle s’est étonnée du manque de connaissance de ses interlocuteurs concernant le Périgord. « C’était difficile pour moi de parler de mon établissement à des gens qui ne connaissent pas du tout la région. D’habitude, le lien se passe ici ; là, je suis passée de l’autre côté de la barrière. Je me suis sentie ambassadrice du Périgord autant que de mon établissement. » Au retour, les uns et les autres ont fait le point sur des évolutions à envisager au sein de leur entreprise. Pour Marie-Rose, elle le sait, ce sera une remise à niveau en anglais pour aborder d’autres marchés.
Ludovic Mouyen, qui gère deux hôtels à Sarlat, est satisfait d’avoir pu mesurer les attentes des agences étrangères. Pour Céline Pechmajou Auvray, de Périgord Welcome, dont la clientèle actuelle est à 80 % américaine, le résultat est déjà probant :
elle a trois demandes sérieuses émanant du Canada, d’Allemagne et de Chine, sur un créneau qualitatif, pour des groupes de dix à vingt-cinq personnes. Du sur-
mesure avec une approche dite expérientielle. Une demande grandissante. « Il faut vraiment comprendre l’expérience que souhaite le client, son attente d’authenticité : ce qui est naturel pour nous et dépaysant pour lui », poursuit Jean-François Cros.
Il est bien sûr trop tôt pour estimer les retombées, qui devraient se mesurer dans deux ans. « Les contacts sont établis, chacun a pour consigne de les maintenir pour attirer des clients potentiels, ajoute Pascal Siegler. Le premier travail porte sur le fichier clients. » Chacun va se repositionner et revoir sa façon de commercialiser son offre.
Tous ont en tout cas apprécié de se rencontrer car, même voisins, ils ne se connaissaient pas forcément. « J’ai découvert des établissements à 10 km de chez moi », se réjouit Magali Lebigot (Château de Monrecour), en plus de souligner l’aspect stimulant de ce déplacement professionnel. Et ils pensent même trouver des occasions de travailler ensemble.


 

EN CHIFFRES

  • 500 euros c’est la participation demandée à chaque établissement, la CCI finançant 10 000 euros

 


 

Attendus ici l’an prochain

2276 retourLa CCI du Tarn est à la manœuvre pour que la future édition de ce workshop se déroule en France l’an prochain, à Albi. Une occasion que ne veut pas laisser passer la CCI Dordogne, qui compte bien en profiter pour organiser un post-Tour en Dordogne en captant certains acheteurs. L’idée est bien sûr d’organiser une visite chez les professionnels qui ont tenté l’aventure cette année et qui pourront présenter in situ cette fameuse approche expérientielle. Les acheteurs attendus l’automne prochain à Albi ne seront pas forcément les mêmes et ce sera l’occasion de nouer d’autres contacts : ce réseau thématique est à observer dans la durée.

Encore quelques places

Il reste encore quelques places pour les professionnels du tourisme du périmètre Unesco qui souhaiteraient s’associer à l’opération. Ils bénéficieront d’opportunités supplémentaires car d’autres pays vont encore entrer dans ce réseau pour l’enrichir.

 


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