Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 3 novembre 2017

Trufficulture. Depuis juin dernier, Alain Klemeniuk, céréalier à Verteillac, est le nouveau président de la Fédération départementale des trufficulteurs du Périgord. Son souhait est de développer cette culture auprès de ses collègues.

L’agriculteur trufficulteur

Alain Klemeniuk reconnaît volontiers et en souriant qu’il est passionné par la truffe et cette passion a un parfum d’enfance : « Mon père m’emmenait chercher les truffes, mais celles-ci étaient sauvages ». En revanche, Alain Klemeniuk, avant de devenir trufficulteur, est bel et bien un agriculteur et, pour lui, les deux activités sont tout à fait complémentaires.
Cette notion de complémentarité est essentielle pour celui qui est devenu président de la Fédération départementale des trufficulteurs du Périgord en juin dernier. Il succède ainsi à Jean-Pierre Audivert et il est l’un des tout premiers agriculteurs à présider cette structure. S’il entend bien travailler dans la continuité de son prédécesseur, Alain Klemeniuk est très attaché à rapprocher les mondes agricole et trufficole. « Nous avons rencontré le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Philippe Granger, pour lui exposer nos projets de développement. » Comme il l’explique, « nous avons tout ce qu’il faut pour que la truffe soit une filière à part entière de l’agriculture périgourdine ». Ce qui signifie des techniciens pour du conseil et du développement auprès des trufficulteurs, un GIE pour assurer la qualité des plants mycorhizés, le réseau des groupements locaux des trufficulteurs, des marchés contrôlés et même la coopérative pour assurer un débouché commercial via Périgord Unitruffes.

Rentable sur 25 ans

Pourtant, quand Alain Klemeniuk a réalisé ses premières plantations, 75 ares en 1994, ses voisins agriculteurs s’interrogeaient. Aujourd’hui, avec ses 2 ha, les mêmes lui posent des questions. « La truffe ne peut pas et ne doit pas être une culture principale dans une exploitation. En revanche, elle a tout à fait sa place comme culture de complément. C’est cet aspect que je veux promouvoir et développer auprès des agriculteurs », explique le président de la Fédération départementale des trufficulteurs du Périgord.
Pour étayer cette volonté, le céréalier de Verteillac a établi avec les conseillers truffes de la Chambre un tableau comparatif entre la truffe et différentes cultures pour montrer que les marges brutes peuvent être intéressantes. Il souligne également que depuis 2015 les plantations de truffe sont éligibles à la PAC. « Cette aide permet d’attendre l’entrée en production. Parce qu’on ne peut l’occulter, il faudra attendre près de neuf ans pour avoir une production intéressante. Mais, sur 25 ans, ça devient bien, sans oublier que l’investissement au départ n’est que de 2 500 euros pour un hectare. Ça vaut le coup d’y réfléchir », conclut-il.


COMPARAISON

Même si comparaison n’est pas raison, la Fédération des trufficulteurs a comparé les marges brutes de plusieurs cultures par rapport à la truffe. Par exemple, en ce qui concerne le blé tendre hiver, la marge brute annuelle d’une truffière non irriguée serait de 456 € à 830 € (rendement 2 ou 3 kg) tandis que pour le blé, cette marge serait de 267 € (130 €/t) à 467 € (180 €/t) pour un rendement de 40 quintaux. Avec l’irrigation, la marge grimpe pour la truffière à 1 053 € et 1 801 € (rendement de 4 ou 6 kg) tandis qu’en blé, elle varie de 331 € (130 €/t) à 631 € (180 €/t) pour un rendement de 60 quintaux.


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