Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 3 novembre 2017

Développement local. Un projet original se dessine en lien avec le site expérimental de Glane, entre élevage ovin, pastoralisme, production agroalimentaire et développement touristique. Tout en bio, en lien avec Le Petit Basque.

Brebis laitières sur le causse de l’Isle

La Communauté de communes Isle Loue Auvézère en Périgord, née en janvier de la fusion de celles de Lanouaille et d’Excideuil, porte un projet de développement économique de la filière ovine, en lien avec la Chambre d’agriculture. Face à la déprise agricole dans ce secteur, une réflexion s’est engagée autour de deux sites : celui de Glane, à Coulaures, et le causse de l’Isle, 400 hectares valorisés en partie seulement, autour de Savignac-les-Églises. À partir d’un état des lieux réalisé avec le Creo (centre de recherche et d’expérimentation ovine) et Asseldor (association des éleveurs de Dordogne) s’est dessiné un projet “double troupeau”. D’une part, la construction d’une bergerie sur le site de Glane afin d’installer un troupeau pour une activité laitière en lien avec Le Petit Basque (33), et la construction d’une fromagerie à la clé. De l’autre, un troupeau de 200 têtes pour l’exploitation de viande, orienté vers les 300 hectares disponibles pour le pastoralisme sur le causse de l’Isle.
François Gilard, directeur d’Asseldor et chef du département élevage à la Chambre d’agriculture, s’attache à chiffrer le projet, en prévoir le calendrier et l’évaluation technique. Le 14 novembre, une rencontre est prévue au Gaec des Canquilloux, à Champagnac-de-Belair, les frères Vigier ayant l’expérience de brebis laitières en bio, pour estimer les débouchés possibles avec le responsable des installations de la fromagerie Petit Basque. « Ce partenaire est intéressé, il est bien installé sur ce marché porteur et il est question d’un million de litres pour la Dordogne. Le lait est rémunérateur dans la filière ovine, surtout en bio où les besoins sont réels. » François Gilard a aussi pris contact avec des fournisseurs de machines à traire pour des visites d’exploitation dans la grande région. « L’idée est de calibrer le projet pour en faire un modèle reproductible. »

Agriculture et tourisme

L’heure est donc davantage aux questions qu’aux réponses : dimensionnement et races du cheptel, mutualisation des surfaces, perspectives techniques, bâtiment et matériel, volumes à transformer, type de produits... Un travail de fond indissociable de la forte motivation de tous les intervenants.
En plus de l’aspect agricole, cette approche économique intègre une dimension touristique avec l’acquisition de l’ancien atelier de la Fontaine, place Bugeaud, à Excideuil destiné à devenir à l’été 2019 la vitrine de l’office de tourisme et une boutique de producteurs pour la vente de fromage et de viande. « L’agrotourisme a toute sa place sur le causse de l’Isle, souligne Bruno Lamonerie, président de la Communauté et porteur du projet global. Un jardin truffier et un rucher pédagogique devraient y prendre place. » Mais ce n’est pas tout. Comme les brebis nettoient parfaitement le terrain, une installation photovoltaïque est aussi envisageable sur le site. « Des emplois pour valoriser et entretenir cet ensemble cohérent devraient être créés : berger pour le pastoralisme, personnel pour élaborer le fromage et pour la vente. À terme, une installation est possible sur la zone d’activité de Chardeuil pour une salle de découpe de palmipèdes et ruminants. La négociation est encore en cours. » Le budget global se situerait autour d’1,2 million d’€, en partie financé dans le cadre du plan de ruralité.
Ce projet à portée départementale pourrait être dupliqué ailleurs et sera observé comme un laboratoire d’expériences. Bruno Lamonerie voit en cette piste de revitalisation du territoire une cohérence avec l’attente de consommation actuelle de circuits courts, y compris dans l’élevage.


Réussir le Périgord
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