Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 27 octobre 2017

Diversification. D’abord éleveur de sangliers, Fabien Prudhomme a élargi ses compétences vers les palmipèdes gras. La grippe aviaire passant par là, il décide de se diversifier en devenant traiteur. Et aujourd’hui, il veut élever ses canards.

« Si on n’avance pas, on meurt »

Il a pour habitude de dire qu’il a six métiers. Bientôt sept. Et d’égrener la liste de ses activités : « Je suis éleveur de sangliers, je gave, abats, découpe et transforme mes canards et je suis aussi traiteur ; et bientôt éleveur de canards ». Fabien Prudhomme et son frère David, avec qui il est installé à Notre-Dame-de-Sanilhac, ont développé l’art de rebondir. Leur installation en 2008 en est le premier exemple. « Notre père avait des vaches mais ça ne rapportait rien. Nous disposions des parcs, pourquoi ne pas partir sur du sanglier, se souvient Fabien. Il faut toujours évoluer et prévoir un plan B. Si on n’a qu’un plan, on est mort. »
Cette logique les sauve quand ils se lancent dans le gavage et la transformation de canards, en novembre 2015. Ils investissent dans la création d’un laboratoire. À peine six mois plus tard, c’est la grippe aviaire. « Il y avait 3 500 € de crédits tous les mois. Les investissements étaient là, il fallait trouver autre chose à faire. C’est là qu’on a décidé de s’installer comme traiteurs. » Déjà sur les produits de palmipèdes gras, la demande était là. « On en faisait pour notre consommation personnelle, depuis 1932, avec mes grands-parents. Et on rencontrait de plus en plus de demandes. Les gens voulaient goûter ce qu’on avait dans notre cave », sourit Fabien Prudhomme.

Ne plus être tributaire d’un tiers

Va pour traiteur alors, en plus du reste. C’est audacieux mais ça fonctionne. « La Chambre d’agriculture nous a bien aidés. Et nous avons cette chance d’être peu nombreux à être à la fois producteurs et traiteurs. »
Mais Fabien Prudhomme ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Le septième métier est déjà sur les rails : éleveurs de canards. « Je veux maîtriser la boucle de A à Z. Parce qu’aujourd’hui, je n’ai pas de canards à gaver. Les éleveurs en ont moins et pour nous c’est compliqué. J’ai trois employés dont un qui est quasiment exclusivement dédié au gavage. Et comme c’est parti, je n’aurai pas de canards avant avril. Ça me gonfle de ne pas avoir de canards quand je veux, donc je vais les élever moi-même. Je ne veux plus être tributaire de quelqu’un d’extérieur. »
C’est d’ailleurs pour cette raison que toute la famille fonctionne encore comme « de petits producteurs ; c’est sûr, on n’a pas un industriel qui nous verse un salaire mais on a la liberté ».
Le jeune homme attend de finir l’année avant de se lancer véritablement. « Je vais laisser passer la fin d’année et les fêtes. On se penchera sur l’élevage en janvier avec pour objectif d’être au top pour l’été prochain. » D’ici là, la famille Prudhomme (Fabien, son frère David et leurs parents) et leurs trois employés ne manqueront pas d’activité malgré l’absence de canards à gaver. Ils continuent la vente directe sur les marchés mais rayonnent aussi partout avec la partie traiteur. « C’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. On travaille avec la mairie de Périgueux, les pompiers, on a fait des mariages et des salons à Paris ou Bordeaux. Nous allons où on nous appelle. »


EN CHIFFRES

  • 3 500 euros de crédits par mois d’investissements au moment de la grippe aviaire, en 2016

Réussir le Périgord
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