Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 20 octobre 2017

Changement climatique. La préfecture a pris le prétexte des États généraux pour réunir, le 13 octobre, des acteurs de l’agriculture et des élus pour amorcer un travail de concertation sur l’adaptation des pratiques et des productions agricoles.

Des solutions face au réchauffement

Octobre a été particulièrement chaud cette année. Mais c’est sur plusieurs décennies que l’on observe le mieux les effets du réchauffement climatique.
Avec force chiffres, ceux qui sont chargés de l’observation du climat ont fait le point, le 13 octobre à la Préfecture. Nicolas Fedou, pour la Chambre d’agriculture, montre que les déficits hydriques progressent dans notre département : « Les sécheresses avaient lieu en moyenne deux fois par décennie avant 2000, aujourd’hui on se situe plutôt autour de cinq sécheresses sur 10 ans. » Les conséquences du changement climatique sur les cultures sont nombreuses. Il peut geler fort en avril, comme on l’a vu cette année, on vendange au tout début du mois de septembre sans que cela paraisse extravagant. Sans parler des très nombreux ravageurs, jusque-là connus pour vivre sous d’autres cieux, et qui gagnent lentement mais sûrement nos contrées. On ne compte plus les maladies et les insectes dits tropicaux qui ravagent les troupeaux et les productions, comme l’ont soulevé plusieurs intervenants de la réunion sur le changement climatique organisée par la préfecture de Dordogne.
Des phénomènes qui progressent inexorablement et que rien ne semble pouvoir arrêter comme l’a relevé Guillaume Benoit, ingénieur général, membre permanent du CGAER, qui a récemment rendu un rapport sur le sujet au Premier ministre. Il parle de « méditerranéisation » de nos départements du Sud-Ouest, quand ceux du Sud-Est seraient carrément en voie « d’aridification ». Et c’est en premier lieu l’agriculture qui va trinquer, avec des débits d’étiage de plus en plus sévères et des besoins en eau des plantes accrus.

Un plan d’actions d’ici mars

Alors, face à un bilan désastreux, est-il encore temps de s’adapter ? Guillaume Benoit estime que le sujet est sous-estimé en France et qu’une nouvelle approche politique et sociétale est nécessaire pour une adaptation sur le long terme.
Outre des représentants du monde agricole, plusieurs élus avaient répondu présents le 13 octobre à l’invitation de la préfète, Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc. « La démarche engagée par les États généraux donne l’opportunité de lancer une réflexion sur des pistes d’adaptation au réchauffement climatique. »
Aujourd’hui, on en est au stade des recommandations, mais la préfecture espère mettre sur pied un plan d’actions d’ici mars. Plusieurs axes se dégagent déjà des travaux réalisés, notamment le plan Climagri (plan énergie climat dans l’agriculture) auquel a collaboré la Chambre d’agriculture. Ainsi, la préfète cite, au premier rang des solutions, la création de nouvelles ressources en eau pour sécuriser les productions face à la fréquence des sécheresses. Mais, dans le même temps, dit-elle, il est impératif de faire évoluer les filières et les productions pour anticiper les changements climatiques : « Une façon aussi de justifier la création de retenues d’eau ».
C’est le Directeur départemental des territoires, Didier Kholler, qui est chargé de la mise en place du plan d’actions, avec le concours de partenaires techniques et scientifiques. Le travail a déjà commencé avec les étudiants de Bordeaux Science-agro. Il se poursuivra par la consultation des filières et l’installation d’un comité de pilotage d’ici décembre. Le plan d’actions, issu de cette concertation, devrait être acté en mars prochain.


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