Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 13 octobre 2017

Tuberculose bovine. Le directeur général de l’Alimentation est venu en Dordogne pour réunir tous les acteurs impliqués afin d’élaborer et présenter le nouveau plan de lutte contre la tuberculose bovine.

Encore un effort pour les éleveurs

« Pour les éleveurs, c’est un mauvais passage à franchir. Il faut juste que ce soit efficace, qu’on ne fasse pas tout ça pour rien. » Nicolas Robert, président du GDS (groupement de défense sanitaire), a acté avec fatalisme le nouveau plan départemental de lutte contre la tuberculose bovine tout en espérant que les éleveurs seront soutenus à la hauteur des efforts qui leur sont demandés. S’il n’y a pas eu d’annonces de financement, le directeur général de l’Alimentation, Patrick Dehaumont, et la préfète de la Dordogne, Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc, ont promis de voir s’il était possible d’intégrer certains investissements dans le cadre d’un plan de modernisation.
Un nouveau plan de lutte et, donc, de nouveaux efforts pour les éleveurs bovins, c’est bien ce qui ressort de la réunion qui s’est tenue jeudi 5 octobre au Pôle interconsulaire, en présence du DGAL Patrick Dehaumont qui a rassemblé tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la tuberculose bovine.

Perte de statut possible

Le constat est là : la Nouvelle-Aquitaine concentre près de 85 % des foyers en France, et la Dordogne, c’est un tiers, soit, en 2017, 27 foyers et trois détectés à l’abattoir. Du coup, la commission européenne demande la régionalisation du statut “indemne de la tuberculose bovine”. Cette perte aurait des conséquences économiques dévastatrices.
Pour éviter cette situation, le plan intègre plusieurs paramètres. Le plus important est le nouveau mode de dépistage, plus efficace, par intradermotuberculination comparative (IDC), plus long et plus coûteux à mettre en œuvre.
Pour le reste, la mise en œuvre du plan s’appliquera plus ou moins en fonction du niveau de risque. Dans les “zones à risque particulier”, ces mesures consisteront à interdire :
- le contact direct entre les troupeaux de bovins distincts (double clôture),
- l’abreuvement des troupeaux infectés ou susceptibles de l’être directement sur un cours d’eau ou un point d’eau,
- la mise en pâture de bovins sur des parcelles où des terriers de blaireaux sont recensés et, dans un rayon de 10 m autour des gueules de terriers, les bovins ne doivent pas pâturer,
- la distribution de l’aliment directement au sol à l’exclusion des fourrages.
Il est obligatoire de nettoyer et désinfecter le matériel agricole partagé entre exploitations. Enfin, toujours dans ces “zones à risque particulier”, les plans de chasse sanglier et cerf pourront être renforcés et réalisés dans des délais plus courts et l’agrainage est interdit, sans aucune dérogation possible.
La campagne de prophylaxie va commencer plus tôt, dès le 15 novembre. « La tuberculose bovine n’est pas une fatalité », a affirmé Patrick Dehaumont. C’est bien ce qu’espèrent les éleveurs périgourdins.


LE TEST IDC

Habituellement, pour détecter la tuberculose bovine, le test se fait par intradermotuberculination simple. Dorénavant en Dordogne, le dépistage se fera par l’intradermotuberculination comparative (IDC). Il s’agit là de comparer la réaction allergique à deux injections intradermiques, l’une de tuberculine bovine, l’autre de turberculine aviaire. Ce test nécessite donc plus de temps, dix minutes par animal avec de la contention parce qu’il faut donner deux coups de tondeuses et mesurer les plis. De plus, il faut revenir trois jours plus tard. En revanche, il est beaucoup plus fiable.


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