Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 6 octobre 2017

Union des maires. Les 520 maires de Dordogne, plus les présidents des intercommunalités, se réunissent aujourd’hui à l’Agora de Boulazac, en présence de la ministre Jacqueline Gourault à qui ils comptent dire tout ce qu’ils ont sur le cœur.

Un congrès chaud bouillant

C’est une assistance fournie d’édiles locaux et intercommunaux qui se réunit aujourd’hui même à l’Agora de Boulazac pour le congrès de l’Union départementale des maires (UDM) de Dordogne.
À la tribune, aux côtés du président de l’UDM Bernard Vauriac, la ministre des Collectivités auprès du ministre de l’Intérieur Jacqueline Gourault. Elle ne devrait pas être trop déstabilisée par l’accueil que lui ont réservé les maires car elle a été elle-même, par le passé, vice-présidente de l’Association des maires de France. Une façon comme une autre de reprendre le contact avec d’anciens collègues.
Ce n’est pas pour parler du passé que les maires ont tenu à ce qu’un représentant du gouvernement soit présent à leur tribune. Le contexte entre les collectivités et l’État est on ne peut plus tendu. « C’est la méthode qui crispe les choses, en plus des mesures prises », expliquait quelques jours auparavant Claude Rey, directeur de l’Union des maires. L’annonce en juillet des 300 millions d’e dont seraient privées les collectivités au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) ne passe toujours pas. « C’était au lendemain de la Conférence nationale des territoires, rien ne nous avait été annoncé, s’étrangle
Bernard Vauriac. Pour la Dordogne, c’est 1,2 million d’e qui n’iront pas à l’investissement. »
Surtout rien n’indique que le gouvernement ne réitère pas sa « ponction » en 2018. Les maires réunis en congrès demanderont à la ministre de leur garantir plus de visibilité. « La moindre des choses, c’est de discuter en amont des réformes que va engager l’État », estime M. Vauriac.

Taxe d’habitation

L’autre décision qui ne passe pas, c’est la suppression de la taxe d’habitation en trois ans. Certes, « on a obtenu que le manque à gagner sera compensé, mais qu’est-ce-qui nous dit que ça va perdurer ? », se méfie Claude Rey.
Les maires ont la désagréable impression de ne plus avoir la main sur la fiscalité. S’ils veulent investir et ont besoin d’augmenter les impôts, ils en seront tenus pour responsables par leurs concitoyens. « On nous asphyxie peu à peu », lance Bernard Vauriac. L’élu cite les effets directs sur les territoires ruraux de cette asphyxie : la ligne Sarlat-Bordeaux en souffrance, les maisons de santé pour pallier la désertification médicale mais qui restent parfois vides, la fracture ville-campagne qui s’accroît... « C’est le contribuable qui paye, cela ne pourra pas durer. »
Parmi ses récriminations, l’élu cite aussi la crise des vocations avec des maires fatigués, difficiles à renouveler dans les petites
communes.
Ne voulant tout de même pas passer pour d’impénitents râleurs, les édiles assurent que « tout n’est pas mauvais » dans les mesures prises par le gouvernement. Ainsi, le maintien de la dotation globale de fonctionnement (DGF) des communes en 2018 les satisfait. La dotation de solidarité rurale va dans le bon sens. Des mesures qui ne sont pas de taille à redonner du dynamisme à des maires qui ne veulent plus être pris pour la variable d’ajustement des politiques successives destinées à réduire la dette publique. « Toutes ces mesures du gouvernement s’ajoutent à trois années de ponctions importantes, où 28 milliards selon nous, 11 milliards selon les chiffres officiels, ont été économisés sur le dos des collectivités, assure Bernard Vauriac. Nous, on est à l’os.»


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