Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 6 octobre 2017

Tocane-Saint-Âpre. Apprenant que son associée quittait le cabinet, le docteur Jérôme Barrière a décidé de ne pas continuer seul. Il sera bientôt salarié d’une clinique, au risque qu’il n’y ait plus de médecins dans la commune.

Recherche médecins désespérément

Si rien ne se passe d’ici là, au 1er janvier 2018, Tocane-Saint-Âpre, commune de près de 1 700 habitants, ne comptera plus aucun médecin : le cabinet médical qu’occupent Jérôme Barrière et son actuelle associée Valérie Scalliet aura fermé ses portes. « Ce serait une catastrophe pour la commune et affectivement c’est très difficile, confie le docteur Jérôme Barrière. Ce serait un point final à une longue histoire, ce que je ne veux pas. »
Le cas de Jérôme Barrière illustre la désertification médicale en milieu rural et les difficultés qu’ont aujourd’hui les médecins à trouver quelqu’un pour leur succéder. Pour qu’un candidat se manifeste, Jérôme Barrière a même mis la reprise de son cabinet sur Facebook, « j’ai déjà eu plus de 2 000 partages mais pas encore de retour sérieux ». Il le propose à la vente, à la location, ou toutes formes qui permettront de maintenir l’activité

Trois mois pour une solution

Jérôme Barrière s’est installé à Tocane en  2000, dans un cabinet existant depuis une soixantaine d’années. Au début, il exercera seul. Mais comme souvent à la campagne pour un généraliste, « la charge de travail est devenue de plus en plus lourde et j’ai voulu l’alléger en prenant un associé au cabinet ». Cette associée arrive en 2012 mais, cette année, le docteur Valérie Scalliet a annoncé à Jérôme Barrière qu’elle partait s’installer à Ribérac. Aux alentours, d’autres médecins envisagent de s’arrêter ou d’aller ailleurs. « Face à cette situation, le risque était grand de me retrouver avec une clientèle décuplée. » Jérôme Barrière reconnaît volontiers qu’il ne veut plus de cette situation. Dans le même temps, une clinique de Brantôme lui propose de le salarier à temps plein. Le choix est vite fait pour Jérôme Barrière.
Le médecin de Tocane a lancé des touches vers son remplaçant, un interne, qui ne souhaite pas s’installer ainsi pour l’instant. «  Le milieu rural en libéral, c’est une situation compliquée », souligne Jérôme Barrière. Il a aussi diffusé une annonce auprès d’internes, étudie d’autres solutions... C’est qu’il y a urgence puisqu’il faudrait trouver une solution en trois mois à peine.
Gérard Senrent, le maire de Tocane, s’en alarme déjà. « C’est certain que ce serait une catastrophe de ne plus avoir de médecins dans la commune. » L’élu doit rencontrer les deux associés du cabinet prochainement pour savoir précisément à quoi s’en tenir. Mais déjà, « nous sommes prêts à étudier toutes les solutions possibles pour conserver au moins un médecin dans la commune », confie Gérard Senrent. Y compris à louer ou acheter le cabinet pour y salarier un médecin généraliste.


UN VILLAGE ET DE BESOINS

La commune de Tocane-Saint-Âpre compte environ 1 700 habitants. Elle abrite un collège, pour les 11 communes environnantes, un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de plus de 50 lits, une résidence pour personnes âgées de 23 logements. On recense également plusieurs entreprises dont la scierie Delord qui emploie près d’une cinquantaine de personnes. De plus, Tocane accueille une pharmacie, deux cabinets d’infirmières et de kinésithérapie. Outre les deux médecins actuels, on peut y ajouter celui de Montagrier mais qui prend peu de clients, ayant lui-même de gros soucis de santé.


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