Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 22 septembre 2017

Faux. La mairie de Faux a inauguré son site de 16 hectares de panneaux solaires, adossé à un centre de formation à la sécurité routière. Tous les élus présents ont salué la réussite de ce projet mené de main de maître.

Parc photovoltaïque, le premier de la Dordogne

C’était un désert, c’est devenu une centrale photovoltaïque, la première de ce genre en Dordogne. En effet, 16 hectares de panneaux solaires au sol ont été implantés sur l’ancien circuit automobile de Faux. Le 14 septembre, jour de l’inauguration, le maire Alain Legal a rappelé la genèse de ce projet ambitieux, né fin 2012 sur les ruines de ce qui a été un très actif rallye-cross, accolé à un ball-trap. Le terrain, pollué par des tonnes de plomb, de pneus, de ferrailles en tous genres, est racheté à la ville de Bergerac par la commune de Faux en 2013. Elle choisit aussitôt de se positionner sur la formation à la sécurité routière et signe un contrat avec Capsecur. Dès 2014, un autre projet s’intègre au premier : faire du site le tout premier parc photovoltaïque de Dordogne. Le partenaire est trouvé : ce sera l’entreprise Urbasolar qui sera gestionnaire du site.
Faut-il encore le créer. Le maire redoute les opposants qui ne manqueront sans doute pas à ce projet. Une grenouille rare, un tesson de vase millénaire pourraient venir contrecarrer ses plans d’avenir. Les habitants sont associés, consultés. Toutes les précautions sont prises : aucune emprise sur des terres agricoles. Un belvédère paysager est créé au cœur du parc solaire pour servir de point d’accueil pour des randos, des visites de scolaires, des actions de sensibilisation aux énergies renouvelables. Bien joué : nulle contestation ne viendra jouer les trouble-fêtes.

« Tout peut être désinstallé sans dommage pour la nature. »

« Une réalisation exemplaire, que beaucoup de maires vont vous envier », a salué le président du Conseil départemental Germinal Peiro le jour de l’inauguration. En fait, grâce à un bail emphytéotique, le maire assure à sa commune des ressources non négligeables, en loyer annuel par Urbasolar et en taxes : de l’ordre de 100 000 euros chaque année tomberont du ciel, ou plutôt du soleil.
Arnaud Mine, président d’Urbasolar, a dit lui aussi sa satisfaction de voir aboutir ce rêve de produire de l’électricité à partir du soleil. « Il y a quelques années, c’étaient des projets que l’on concevait pour l’Afrique, maintenant, c’est possible de façon significative partout. » Il souligne que « ce concentré d’innovations qu’est le parc » n’entraîne qu’une utilisation modérée du béton. « Tout ce qui est installé là peut être désinstallé sans dommage pour la nature », assure-t-il comme pour rassurer d’éventuels derniers sceptiques.
Le vice-président du Sénat, Claude Berit-Debat, souligne que ce projet, avant même qu’il aboutisse, a été lauréat de l’appel d’offres CRE3, gratifiant les projets ambitieux en matière d’énergie solaire. C’est aussi le résultat d’une belle alchimie, selon le député du Bergeracois Michel Delpon, « de la volonté d’un maire et de toute une population qui a rencontré celle d’un entrepreneur prêt à prendre des risques » avec la bénédiction des élus.
Un projet qui fera école. Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc, la préfète de Dordogne, évoque celui de Beaupouyet, prêt à aboutir, et celui, encore en projet, qui devrait pousser sur l’ancienne décharge de Périgueux.
Après les discours et avoir coupé le ruban de l’inauguration, les élus ont eu droit à une promenade dans le paysage futuriste du parc de Faux.


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