Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 8 septembre 2017

Sigoulès. La récolte des blancs a commencé la semaine dernière dans le Bergeracois. La cave coopérative de Sigoulès, qui a gagné le trophée du Vigneron de l’année, craint des volumes particulièrement faibles.

Des vendanges sous haute tension

Effervescence à Sigoulès. Gilles Vernhes, responsable technique et viticole de la cave coopérative, gère le planning des machines à vendanger qui ont commencé la récolte des blancs, plutôt de nuit et en matinée. Les premiers jours sont poussifs, mais Gilles Vernhes s’attend à être vite bousculé. « Hier, on a vendangé les sauvignons, sur environ 20 hectares, on a récolté quelque chose comme 1 000 hl, c’est très peu par rapport à l’an dernier où on était systématiquement au-dessus des rendements autorisés. »
Et ce sont les vignes qui n’ont pas été atteintes par le gel d’avril dernier qui sont vendangées en premier. Pour la cave, plus de 40 % des surfaces exploitées par les vignerons de Sigoulès ont été gelées dans une proportion différente. Des mesures sont prises ou en passe de l’être : dégrèvement fiscal sur le foncier non bâti, possibilité de récupérer des volumes de vins pour ceux qui dépassaient les rendements l’an dernier et n’avaient pas distillé ou mis sur le marché des vins de pays... Pour autant, « il va manquer du volume, la cave va en souffrir mais encore plus les adhérents », redoute le responsable technique.
Encore une nouvelle petite année ; 2016, et ses volumes conséquents, fait figure d’exception dans des campagnes marquées par le manque de volumes, significatives de pertes de marchés. Pour les Vignerons de Sigoulès, qui ont remporté le trophée du Viticulteur de l’année et pas mal de médailles ces temps-ci aux différents concours viticoles, ce n’était vraiment pas le moment !

« Ne rien perdre »

2267 sigoulesEn matière agricole, on n’est pas à une contradiction près. Si les volumes seront sans doute historiquement faibles, les degrés sont élevés. Les journées chaudes de la semaine dernière ont donné un coup d’accélérateur aux maturations. Les machines à vendanger, la plupart en Cuma, tournent, en nocturne, pour récolter des blancs corrects. Les rosés, et surtout les rouges qui vont suivre, risquent de laisser peu de répit aux vendangeurs. « Ça va se bousculer », affirme Gilles Vernhes, prêt à faire face.
La précocité de ces vendanges n’est pas vraiment une surprise. Depuis 27 ans qu’il travaille à la cave de Sigoulès, le responsable technique constate que la date des vendanges est toujours plus précoce. La cave est de taille à s’organiser en conséquence. « Surtout, dans ce contexte, il ne faut rien perdre de ce qu’on récolte. » Alors, il faut bâcher, éventuellement mettre de la neige carbonique, dans le cas où il y a un peu d’attente aux quais. Et puis s’affairer aux chais car le millésime va sans doute donner du fil à retordre aux viticulteurs et aux œnologues.


« UN PROBLÈME GÉNÉRAL »

Le Bergeracois n’est pas le seul vignoble touché par le gel, « la production viticole française sera sans doute très handicapée », fait savoir Éric Chadourne, président de la Fédération des vins de Bergerac et Duras. S’il faut attendre pour avoir un bilan plus précis, il est probable que les volumes ne seront pas au rendez-vous. Non seulement un quart des vignes du Bergeracois ont été gelées tout ou en partie, mais en plus les rendements récoltés sont « décevants ». Éric Chadourne suppose que toutes les vignes ont souffert du froid en avril. A suivi une période de stress hydrique, doublée de peu de sorties de grappes/pied. Les outils validés pour les viticulteurs du département (reprise des volumes non envoyés en distillerie, possibilité d’achat de vendange...) ne seront pas suffisants. Il s’agit maintenant de « sauver tout ce qui peut l’être ».


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