Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 8 septembre 2017

Agriculture de conservation. Le 14 septembre, Agrobio Périgord organise une visite de sa plateforme de variétés paysannes de maïs et de tournesol au Change : des variétés que de plus en plus d’agriculteurs conventionnels choisissent.

En quête d’autonomie et de qualité

Dans une parcelle près de la rivière, 50 ares de maïs poussent, entourés par une bande implantée en tournesols. A priori rien ne les distingue des cultures conventionnelles, si ce n’est qu’il y a un peu d’hétérogénéité dans ces variétés paysannes qu’ont choisi de semer Antoine et Michel Laffayas, agriculteurs à Grand-Brassac.
Pour cela, ils se sont tournés vers l’association Agrobio Périgord dont ils suivent les travaux depuis longtemps. Non qu’ils soient bio – ils ne voient pas l’intérêt commercial d’une certification –, mais ils font de l’agriculture de conservation. Depuis bien longtemps, Michel ne sort plus la charrue, il travaille sur les rotations et les intercultures et, depuis que son neveu s’est associé, ils ont rejoint le groupe d’agriculteurs qui testent de nouvelles méthodes dans le cadre du réseau national Base.
Ils ont bénéficié des semences de variétés de maïs et de tournesol population de la plateforme du Change qui sera ouverte au public le 14 septembre. Pas question d’argent, les 3 à 4 kg de semences de maïs et de tournesol, pour implanter 50 ares de chaque, sont gratuites et ce n’est qu’à la récolte que l’agriculteur bénéficiaire restitue trois fois ce qu’il a reçu de la plateforme. Le reste, il le sélectionne pour garder sa propre semence et la ressemer (ce qui est interdit avec les semences commerciales). Antoine Laffayas y voit une garantie d’autonomie et la possibilité d’améliorer la qualité et le taux de protéines de la ration à base notamment de maïs pour ses poules pondeuses.

Le choix de la différence

Car, en plus de l’agriculture de conservation et d’un parcours pas banal, Antoine Laffayas a choisi de ne pas faire comme les autres. Quand il a rejoint l’exploitation de son oncle et de sa tante à Grand-Brassac, il a cherché une source de revenu fiable. « Je me suis intéressé aux canards prêts à gaver, mais il fallait de grands bâtiments et travailler pour de gros groupes coopératifs, je n’ai pas eu envie de me lancer dans de tels investissements. »
C’est la découverte d’un élevage de poules pondeuses bio qui décide de sa production. Ce sera bien des poules pondeuses, en non bio, élevées à l’extérieur sous les noyers, dans des cabanes mobiles. En octobre 2016 (date de son installation), il élève 600 poules dans deux bâtiments. Son but est d’arriver très vite à six poulaillers de 350 places. L’autre originalité de son système est qu’il vend 100 % de ses œufs sur les marchés, tous les jours sauf le mardi. Ses clients sont sensibles à sa démarche et à sa façon de rechercher qualité et autonomie. Seul hic : il arrive parfois qu’il manque d’œufs avant la fin du marché.


L'ENTREPRISE

  • EARL Laffanenko, à Grand-Brassac
  • 3 associés
  • 62 ha de SAU, 1/2 en prairies, 1/2 en cultures
  • 20 blondes d’Aquitaine, 600 poules pondeuses
  • 1 ha de maïs et de tournesol population implanté en 2017 pour de la sélection massale

ZOOM

2267 zoomLa vie après l’industrie
Les parents d’Antoine Laffayas ne sont pas agriculteurs et s’installer sur une ferme n’a d’ailleurs pas été sa première option. Le jeune homme se lance d’abord dans des études de production et maintenance industrielles en alternance. Le travail en entreprise lui plaît moyennement, mais il poursuit jusqu’à obtenir un diplôme d’ingénieur. Il décide pourtant de ne pas travailler dans le secteur mais revient sur la ferme de son oncle et sa tante, Michel et Tania. Après l’obtention d’un BPREA, il s’installe officiellement non s’être assuré qu’il pourrait dégager un revenu sur l’exploitation. Comble de chance, sa compagne, qui travaille également dans l’industrie, a trouvé un emploi sur Périgueux. Antoine, qui s’implique beaucoup dans la conservation des sols à la suite de son oncle, estime qu’il a fait le bon choix professionnel.


Réussir le Périgord
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