Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 8 septembre 2017

Gibier. La saison de chasse à tir ouvre ce dimanche 10 septembre. La Fédération départementale des chasseurs de la Dordogne a profité d’une séance d’information sur la sécurité en battue, à La Roche-Chalais, pour faire un point plus général.

La chasse s’ouvre à plus de sécurité

Le pavillon de chasse Darnat, à La Roche-Chalais, est bien rempli et l’ambiance est studieuse. Les inscrits ont décliné leur numéro de permis en arrivant et écoutent le technicien rappeler les consignes générales de sécurité, et plus particulièrement celles de la chasse au grand gibier en battue, avant de se diriger vers les exercices pratiques qui leur permettront d’observer le positionnement, le respect des angles, le maniement des armes, toutes révisions utiles qui garantissent la sécurité de tous. «  Ces demi-journées d’information répondent à un véritable besoin, souligne Michel Amblard, président de la Fédération des chasseurs de la Dordogne. Près de 300 sociétés ont déjà fait acte de candidature pour cette première saison, soit plus de 3 000 chasseurs. » Elles s’ajoutent aux formations en vigueur et opérations de sensibilisation, et permettent des rencontres de proximité, sur le terrain. Les équipes au complet y trouvent des réponses concrètes aux caractéristiques de leur territoire.
Des formations existent déjà depuis une dizaine d’années pour les directeurs de battues : ils sont responsables d’une équipe et donnent les consignes de sécurité, d’organisation de la partie. « Nous avons formé 4 000 directeurs de battues et des responsables de lignes, qui viennent en renfort, souligne Yves Chétaneau, administrateur de la Fédération. Nous allons maintenant plus loin en faisant le tour des huit secteurs de chasse du département. Ces formations de proximité réunissent quarante participants par séance, toute une équipe de battue. »
 Ces demi-journées viennent en complément de la vingtaine de séances délocalisées déjà proposées. Beaucoup plus théoriques, elles avaient attiré 3000 chasseurs sur des sujets comme la balistique, les risques de ricochets et effets tunnel. « On a le souci d’aller au contact et de rester dans le registre pratique. » Celui-ci porte sur la manipulation d’armes et les angles de sécurité à respecter. « Nous souhaitons que tous s’approprient au mieux ces règles de sécurité. Nous faisons de gros efforts dans les moyens mis à disposition, nous ajoutons cette année 1 500 miradors aux 5 000 déjà mis en place dans tout le département pour faire du tir fichant, de haut en bas. » Comme c’est aussi le cas en matière de sécurité routière, les détenteurs d’un permis récent sont davantage sensibilisés à ces questions, et les autres sont peut-être ancrés dans des habitudes qu’il faut faire évoluer : c’est tout l’enjeu de la formation continue.

Ouverture générale

Tous les participants seront donc parés pour l’ouverture générale, dimanche à 8 heures et jusqu’au 28 février à 18 heures. Pour respecter la biologie et les rythmes de reproduction des espèces, certaines chasses comme celles des cervidés et du lièvre, sont repoussées au mois d’octobre.
Les consignes de sécurité sont d’autant plus importantes que la chasse au sanglier est autorisée tous les jours, décision prise avec les services de l’État, ce qui place les chasseurs en présence des autres usagers de la nature.
« Le partage de l’espace se fait en bonne intelligence. Ici même, l’autre dimanche, une marche était organisée, les organisateurs nous ont fait connaître les circuits et nous avons changé nos plans de chasse. » La communication passe utilement par les mairies, qui font le lien avec les 1 500 sociétés de chasse réparties sur l’ensemble des communes de Dordogne, lesquelles prennent des mesures lorsque des rallyes et randonnées sont annoncés.
Ces battues, tout comme les interventions en zone périurbaine, entrent dans la nécessaire régulation des populations de gibiers qui endommagent les cultures et s’approchent des habitations. « Deux ouvertures anticipées ont déjà eu lieu. Le 15 août pour le sanglier et au 1er juin pour l’approche et l’affût du chevreuil et du sanglier, avec possibilité de tirer le renard. » Michel Amblard parle en passionné, mais indique que la chasse est d’abord une nécessité. « Une année sans plan de chasse serait une catastrophe, notamment pour les cultures. » Il suffit de se reporter aux chiffres (ci-contre). Il déplore que beaucoup d’agriculteurs ne soient plus chasseurs. « Ils n’ont plus cette culture, mais attendent beaucoup de nous. »

Le profil du chasseur

Le chasseur est issu de petites communes ou de l’espace périurbain, et souvent d’une famille de chasseurs. « Le nombre de chasseurs ruraux diminue parce que la population diminue aussi dans cet espace, explique encore Yves Chétaneau. Parallèlement, les espèces prolifèrent. Nous maîtrisons la situation en ciblant les secteurs à problème. La Dordogne est bien placée parmi les départements pour le cerf et, dans une moindre mesure, le sanglier. » Les animaux sauvages savent trouver les zones de tranquillité et les chasseurs ont du mal à approcher ces espaces de refuge, à proximité des maisons ou dans les ronciers, les mitages de territoires non chassés et les bordures d’autoroute.
Tout est dans l’équilibre cynégétique. Les massifs forestiers sont riches en gros gibier et la Fédération s’efforce d’éviter leur installation dans les zones agricoles. Le travail de concertation est réel entre chasseurs, agriculteurs et forestiers. Les chasseurs, en plus d’assurer une régulation, remplissent bénévolement une mission sanitaire avec des piégeurs pour la capture de blaireaux.

Bienvenue aux nouveaux

Pour susciter l’intérêt et attirer de nouveaux chasseurs, la Fédération a élargi cette année le permis à zéro euro qu’elle avait mis en place pour les moins de 25 ans : validation, timbre aux grands gibiers et assurance sont pris en charge pour tout nouveau chasseur. Cette année, le nombre d’inscrits au permis est en légère hausse (10 %). Avant cela, une offre de parrainage permettait un demi-tarif pour le nouvel arrivant présenté par un membre affilié.
Un partenariat avec les armuriers permet aussi de convaincre des indécis, le facteur coût intervenant aussi dans le choix de l’équipement. Un système d’offres de réductions s’est mis en place avec les professionnels (il en existe au moins un dans chaque chef-lieu de canton). Autre porte d’entrée : le choix de sa société de chasse. Quelle équipe intégrer ? La Fédération a amélioré la bourse aux territoires diffusée sur son site Internet, avec des offres postées plus régulièrement. Enfin, Un dimanche à la chasse permet depuis 4 ans de suivre une partie : une centaine de personnes viennent chaque année. Le 15 octobre, le public pourra découvrir le monde de la chasse... et chasser quelques idées reçues avec une équipe qui l’accompagnera à l’occasion de cette opération, qu’il s’agisse de battue, petit gibier, approche ou palombière. C’est possible près de chez soi, gratuitement et sans formalités.


ÉTAT DES LIEUX

• L’année 2016/17 en chiffres
- 20 070 validations de permis.
- 1 764 cerfs prélevés pour 2 282 attributions ; 15 247 chevreuils pour
16 768 ; 10 071 sangliers (dont 260 en mars et 219 entre le 1er juin et le 15 août). Les attributions sont similaires à l’année précédente.
- 1 137 personnes ont bénéficié d’une ou plusieurs formations à la Fédération : permis de chasser, chasse accompagnée, chasse à l’arc, chasse silencieuse, directeur de battue, hygiène et venaison, piégeur agréé, garde particulier, régulation de corvidés.

• Déchets de venaison
Dans le cadre de la veille sanitaire, une collecte des déchets de venaison s’effectue dans 51 points du département, ce qui représente 324 tonnes ramassées et traitées la saison dernière. Entièrement financée par les chasseurs, elle a été mise en place avec une société d’équarrissage. Lancée il y a 6 ans (200 tonnes collectées à l’époque), la collecte a débuté plus tôt cette saison, au 15 août.

• Environnement
Jusqu’à présent, si les cartouches étaient bien ramassées, elles n’étaient pas recyclées et partaient avec les déchets courants. Cette saison,
5 000 sacs vont être distribués pour la collecte des cartouches vides. Ils seront rapportés dans les lieux de collecte (permanences et siège social de la Fédération) pour être pris en charge par Suez, qui va valoriser le métal et le plastique séparément. Toutes les sociétés de chasse, les associations et les palombières (1 950 en Dordogne) vont en bénéficier.

• Emploi
La Fédération emploie 19 personnes, dont 8 techniciens.
www.chasseurs24.com


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