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1922-9_HTLait. S’ils sont prêts à rejoindre l’association, en cours de constitution, des apporteurs du groupe Bongrain, les producteurs de la laiterie Fromarsac, réunis par le syndicat FDPL lundi 6 décembre à Notre-Dame-de-Sanilhac, s’inquiètent des coûts supplémentaires.

Une organisation

collective,

pas une usine à gaz
Lors d’une première réunion en novembre dernier ayant rassemblé les producteurs délégués de la laiterie Fromarsac, Christian Denoix, président de la Fédération départementale des producteurs de lait (FDPL), avait annoncé la consultation de tous les apporteurs de Fromarsac avant la fin de l’année.
C’est donc un peu plus de 200 éleveurs laitiers qui ont été conviés lundi 6 décembre avec un bon retour puisque quelque 120 personnes étaient présentes à la salle des fêtes de Notre-Dame-de-Sanilhac. « On a tous connu un contexte de prix très difficile il y a un an et demi et nos trésoreries s’en ressentent encore », a dit en préambule Christian Denoix. Il donne deux raisons aux producteurs de Fromarsac pour faire front commun : « se regrouper, c’est agir à court terme contre la volatilité des cours du lait et revendiquer une meilleure rémunération de notre travail ». C’est aussi préparer 2015 et la fin de la gestion administrative des quotas. « La loi de modernisation a ouvert des pistes. On a travaillé depuis et on peut aujourd’hui vous proposer le schéma d’une organisation qui juridiquement tient la route. »
Une organisation qu’il veut plurielle, sans appartenance syndicale : « ce n’est sûrement pas la FDPL qui vous dira ce qu’il faut faire ou pas ». Pour lui, la démarche est volontaire. « Vous avez toujours la possibilité d’adhérer au contrat individuel que vont mettre en place les laiteries, dit-il. Mais il ne faudra pas venir pleurer après ».
Pour autant, pas question de vendre du vent : « l’organisation des producteurs (OP) ne garantira ni des prix ni des volumes », répète Étienne Fabrège, juriste de la Fédération nationale des producteurs de lait.« Alors, à quoi cela va-t-il servir si on ne vend pas mieux et qu’on n’est même pas sûrs que les entreprises ne délocalisent pas leur activité ? », s’inquiètent les producteurs dans la salle. Certains vont jusqu’à dire qu’ils redoutent « l’usine à gaz » : « le risque, c’est de recommencer les erreurs du passé en remontant une structure pyramidale, avec des présidents et de multiples commissions. »

Filet de sécurité
Une question court dans la salle : que coûtera cette nouvelle OP ? Le juriste de la FNPL évoque la possibilité d’une structure qui fédère les éleveurs et négocie les conditions générales de vente auprès d’une ou de plusieurs entreprises. « On peut imaginer d’avoir une structure inter-entreprises car la mono-livraison fait courir aux producteurs un vrai risque économique ».
Il souhaite aussi que l’OP donne l’occasion aux producteurs de reprendre la main sur la facturation et la centralisation des paiements, une des conditions, selon lui, pour bénéficier en toute transparence des informations nécessaires à la gestion des stocks et des besoins en lait. Et pourquoi pas mandater l’OP pour gérer la mise à disposition des outils de stockage du lait par ses adhérents, histoire de mutualiser les coûts, voire d’aller jusqu’à l’organisation de la collecte ?
Pour Étienne Fabrège, il s’agit de mettre en place une organisation économique capable de sécuriser chaque producteur confronté à une concurrence féroce, y compris entre producteurs et bassins de production. L’OP serait un « premier filet de sécurité ».


Des missions à définir
Les éleveurs auront donc à se prononcer sur les missions qu’ils veulent confier à leur OP : « à vous de savoir si au final ces missions vous rapportent ou vous coûtent », lance le juriste.
De son côté, Christian Denoix parle de plus de professionnalisme. Il n’exclut pas, si les producteurs le souhaitent, d’embaucher quelqu’un qui aurait les compétences pour négocier les prix, « sinon nous serons toujours les grands perdants face à des entreprises qui ont toutes les clés en main ».
Un discours de bon sens selon la salle. L’après-midi, un vote à main levée montrera une majorité de producteurs favorables à l’OP. Il ne reste plus qu’à créer un noyau dur de producteurs prêts à décider de ce que sera l’OP collective et à s’y investir.

Nelly Fray

 

Contrat.   Une ébauche des statuts de la future association a été présentée aux producteurs de Fromarsac.

Une adhésion volontaire
Guillaume Bourge, directeur de la FRPL, a soumis à l’approbation des éleveurs de Fromarsac une esquisse de la future association.
D’abord son nom : l’OP s’appellerait l’Association des éleveurs apporteurs de lait à Bongrain Fromarsac.
Parmi ses missions, elle serait mandatée pour fédérer les éleveurs à l’exception de ceux qui produisent du lait certifié en agriculture biologique car les éleveurs bio souhaiteraient avoir leurs propres représentants. Pour ceux qui vendent une partie de leur lait en vente directe, ils ne sont pas exclus mais seuls le litrage livré à l’entreprise est pris en compte par l’OP.
L’apport de la totalité du lait produit à l’association (hors celui qui part en vente directe) est obligatoire. Il s’agit, pour Guillaume Bourge, « d’éviter le cas échéant la concurrence d’un producteur au sein de son association ».

Mêmes conditions pour tous
Pour les défenseurs de l’OP, un de ses intérêts majeurs est de garantir à tous les mêmes conditions de vente, puisqu’un même contrat, établi pour 5 ans renouvelables par l’OP, assure le même encadrement juridique pour tous les adhérents. Cela dit, personne n’est obligé de souscrire : l’adhésion  reste une démarche volontaire et non obligatoire.
Pour l’instant, la zone de collecte est indéfinie. Il est probable qu’elle ne le soit pas pour n’exclure aucun producteur (individu ou personne morale car les groupements pourront adhérer à l’association) voulant entrer dans l’OP, à la condition qu’il soit apporteur pour le groupe Bongrain et qu’il adhère aux conditions définies lors de la constitution de l’OP.

N. F.

 

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