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Fermeture du paysage. La charte forestière du Sud-Périgord a mis en évidence la disparition des espaces cultivables au profit des ronciers. Après un état des lieux sur trente communes, le CRDA du Périgord noir estime qu’il faut agir vite.

Des actions pour faire
barrière aux friches


1919_13_maury_boisvertCampagnac-lès-Quercy est un joli village du sud de la Dordogne mais, lorsqu’on s’y promène, on s’aperçoit vite que la ronce y a fait son lit. Déjà la commune peut se vanter d’avoir un des taux de boisement parmi les plus élevés du département, 61% de sa surface étant composés de forêts. En plus, comme beaucoup de villages, Campagnac perd ses agriculteurs et « les terres de moindre valeur, les zones de coteaux ou les petites vallées encaissées sont laissées en friche », déplore Daniel Maury, le maire.
Hélas, le cas de Campagnac-lès-Quercy est loin d’être isolé. La charte forestière du Sud-Périgord a montré que sur le territoire couvert par les communautés de communes de Belvès, Domme, Villefranche-du-Périgord, 630 hectares sont en cours de fermeture. La disparition des exploitations agricoles et de l’élevage en particulier, le morcellement parcellaire, la présence d’espaces in-cultivables... expliquent le phénomène. Mais, comme le précise Bernadette Boisvert, technicienne du CRDA du Périgord noir qui a travaillé à la charte forestière, « le statut du fermage et le fait que des propriétaires préfèrent garder leur bien plutôt que de le louer à d’autres » accentuent encore le problème.

De lourdes conséquences
Les ressources naturelles sont directement menacées par les friches, comme 185 ha de pelouses sèches sur le secteur de Domme, avec des impacts prévisibles sur les biotopes, la faune et la flore. Des vallées étroites et des coteaux s’embroussaillent, entraînant un risque important d’incendie. Des peupleraies et des châtaigneraies dépérissent. Le petit patrimoine, particulièrement riche dans ce secteur, tend à disparaître sous les ligneux. De beaux panoramas sont barrés par les ronciers, ce qui est fort dommageable dans ce secteur touristique. Conclusion, « plus on attend, plus le coût sera élevé pour les communes qui devront intervenir ».
Bernadette Boisvert a réalisé un état des lieux sur la fermeture des espaces dans trente communes pour en remettre un exemplaire aux maires concernés. Elle tente de sensibiliser l’opinion et les collectivités territoriales pour trouver des solutions à ce problème qui concerne tout le monde. « L’idée serait d’obtenir des mesures agri-environnementales (MAE) incitant les propriétaires à entretenir leurs parcelles ».
Selon la technicienne, il faut dans le même temps trouver des solutions durables pour que les entretiens se pérennisent au-delà des cinq ans des contrats MAE. Pourquoi ne pas réintroduire le pastoralisme pour l’entretien des coteaux ? Les petites vallées pourraient aussi fournir de bonnes terres maraîchères et le CRDA du Périgord noir tente justement de favoriser les installations dans ce secteur pour l’approvisionnement local des cantines.
Bernadette Boisvert veut encourager les collectivités et la Sogap à stocker du foncier pour l’activité agricole. Elle s’inspire du Lot qui a rouvert 4 000 ha de friches grâce à la transhumance des ovins. Un exemple qui sera présenté lors de la journée sur les nouveaux enjeux de l’agriculture, à Saint-Cyprien vendredi 26 novembre.


Nelly Fray

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