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1934_fraisicultureFraisiculture. L'association des producteurs de fraises de Dordogne, en assemblée générale le 24 février à Lacropte, veut toucher un plus grand nombre de producteurs, quel que soit leur mode de culture ou de commercialisation.
Ouvrir l'IGP aux cultures hors-sol

Créée il y a 5 ans pour postuler aux aides du Conseil général, l’association des producteurs de fraises de Dordogne a rempli ses missions. Non seulement elle a obtenu qu’un plan départemental fraises voit le jour, mais elle a permis à un groupe de se constituer et d’œuvrer dans le sens d’une meilleure structuration de la filière. Pour autant, en assemblée générale jeudi 24 février à Lacropte, la présidente Patricia Rebillou a rappelé que l’association s’était donnée pour mission première de représenter l’ensemble des producteurs, quel que soit leur mode de commercialisation ou de production. Or, aujourd’hui, avec seulement 72 producteurs sur les 250 que compte la filière en Dordogne, il reste du travail à faire pour rassembler.
D’autant que le groupe travaille sur des problématiques économiques qui concernent tous les producteurs. Elle a ainsi constitué un groupe de sept producteurs en sol, en hors-sol et en système mixte pour comparer leurs coûts de production.
L’association a également mis au point un essai pour voir s’il était possible de cultiver des fraises sous une serre équipée de panneaux photovoltaïques. « Trois producteurs ont le projet de concilier la production et la vente d’électricité. Le problème est que les panneaux exposés au sud pourraient peut-être empêcher le développement des fraisiers », explique Bernard Plantevin, animateur de l’association. 
Cet essai mis en place le 14 janvier sera équipé d’une station météo pour mesurer l’ensoleillement et voir si les panneaux empêchent la production ou non.
L’animateur a demandé à ceux qui souhaiteraient travailler sur des problématiques techniques de se faire connaître. Il envisage en effet d’organiser des formations Vivea pour étudier différents choix d’itinéraires techniques, par exemple, et leurs incidences sur les marges brutes... 

Tests comparatifs
L’association des producteurs de fraises est également en train de réécrire le cahier des charges de l’IGP (indication géographique protégée) Périgord. Il s’agit, explique la présidente, d’augmenter les volumes commercialisés sous IGP.
« Le cahier des charges retravaillé est déposé à l’Inao, mais nous ne devrions pas avoir de réponse avant 2012 », a précisé Franck Pernot-Dubreuil, président de l’Union interprofessionnelle de la fraise du Périgord (UIFP). 
L’Union s’est entourée des compétences de deux agents de l’Inao pour cette réécriture. L’enjeu est de taille car il s’agit d’intégrer la production sur substrat dans le cahier des charges. « L’IGP implique de respecter des notions de territoire, pas forcément de terroir. Si des tests comparatifs prouvent qu’il n’y a pas de différence pour le consommateur entre une fraise cultivée en sol ou en hors-sol, pourquoi ne pas intégrer ces dernières dans l’IGP ? », demande l’animateur. 
L’Institut du goût, et sa batterie de tests physico-chimiques et de dégustations à l’aveugle, a démontré que les différences gustatives, olfactives... étaient infimes ou nulles pour les variétés charlotte, cirafine, mara. Les deux agents de l’Inao, d’abord dubitatifs, se seraient ralliés à la cause des producteurs, selon Franck Pernot-Dubreuil qui espère qu’ils se feront les avocats d’une IGP revue, à même de convenir à un plus grand nombre de producteurs périgourdins. 

Nelly Fray

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