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1924_24_HTNoël d'ailleurs.  Héléna Lajarretie, de Cours-de-Pile, et sa tante Tania racontent les fêtes de fin d’année en Oural, leur terre natale. 

Une fête russe
“deux en un”
 
 

Héléna Lajarretie habite à Cours-de-Pile avec son mari Alain, et leurs trois filles, Victoria, Lilith et Alexandra. Actuellement, Tania Der Megrditchian, qui réside à Paris, est en vacances chez sa nièce en Périgord. Toutes les deux évoquent et se souviennent avec émotion des fêtes de fin d’année en Oural, leur région natale, la chaîne de montagnes qui coupe la Russie en deux et que l’on considère comme la limite entre les continents européen et asiatique.
Jusque dans les années 1990, célébrer Noël était interdit par les autorités parce qu’il s’agissait d’une fête religieuse. Assister à la messe n’était pas sans risque. Héléna, pour avoir eu la curiosité, à 15 ans dans les années 1980, d’entrer dans une église le jour de Noël, a frolé l’exclusion de son école.
À partir de 1917, même le sapin était interdit. Il faudra attendre 1936 pour le voir revenir au Kremlin, événement pour lequel étaient invités les enfants méritants. En revanche, en guise de décorations, pas d’angelots, ni de représentations ayant un rapport avec la religion, mais des petits soldats, des mitraillettes miniatures.
À partir de cette époque, les Russes vont à nouveau être autorisés à installer un sapin dans leur demeure à la fin de l’année, mais toujours pas à fêter Noël (qui se célèbre là-bas le 7 janvier, en vertu du calendrier julien).
Qu’à cela ne tienne : le Père Noël “Died Moroz” (littéralement Papi Gel) et sa petite fille Sniegourotchka étant interdits de séjour, les Russes fêteraient la fin de l’année et l’arrivée de la nouvelle les 31 décembre et 1er janvier, mais Died Moroz continuerait, sans qu’il en soit question officiellement, à apporter des cadeaux aux enfants.

Des dizaines de plats
Aujourd’hui, on fête à nouveau Noël, toujours le 7 janvier, mais de façon essentiellement religieuse et selon le rite orthodoxe. Les festivités les plus importantes ont toujours lieu le 1er de l’an : le moment préféré des Russes. Deux à trois jours avant les réjouissances, le sapin est installé dans la maison, « ici, on le fait trop tôt, regrette Tania, on perd les sensations ».
Quand on dit fête en Russie, ce n’est pas un vain mot, comme en témoignent Héléna et Tania. Et ceci se pratique ainsi toujours aujourd’hui. Famille et amis se retrouvent chez l’hôte du jour le 31 décembre dès 22 h. La table est chargée de dix à vingt entrées. Des salades de toutes sortes, des charcuteries, des marinades, des légumes au vinaigre, du poisson fumé, du caviar… Pas de table dressée ni de préséance, les plats sont présentés à la façon d’un buffet. Chacun mange ce qui lui fait plaisir comme il le veut.
Les convives attendent les douze coups de minuit en se restaurant et en se désaltérant de vin et de vodka, ils disent au revoir à l’année écoulée, « on prend ce qu’il y a eu de bien pour l’année suivante et on laisse ce qui n’a pas été bon ». De nombreux toasts sont portés. Le champagne est de mise à minuit pour célébrer l’année nouvelle. On fait un vœu puis le repas se poursuit, avec son cochon de lait, ou son oie rôtie farcie aux pommes et aux graines de sarrasin. Puis c’est la valse des desserts, aussi nombreux que variés.

Décalage horaire
La superficie de la Russie étant ce qu’elle est, le pays est traversé par plusieurs fuseaux horaires. Alors que Tania, Héléna, famille, amis et tous les habitants de l’Oural avaient déjà fêté la nouvelle année, deux heures plus tard, c’était au tour des Moscovites de franchir le cap du nouvel an. Une occasion pour les habitants des villes de l’Oural de se réjouir encore une fois. Cette fois, les convives se transportent à l’extérieur, sur la place principale de la ville ou du village. Là sont installés un grand sapin, des sculptures de glace, des jeux pour enfants, des stands où l’on trouve à boire et à manger. On porte de nouveaux toasts et on revient s’installer à table jusqu’aux premières heures de l’aube. Le lendemain matin, les enfants ont la joie de découvrir les cadeaux que Died Moroz a déposés dans la nuit.
Le Noël 2010 de la famille Lajarretie à Cours-de-Pile sera périgourdin. Mais il empruntera aussi à la Russie, grâce à Tania qui a commencé à préparer des plats, notamment un “kholodece”, pâté à base de pieds et de jarrets de porc cuits pendant 6 à 7 heures, qui sera servi dans sa gelée, en entrée, accompagné de moutarde et de sauce raifort.

Nadine Berbessou

 

1924_24_BASRecette
Pirogui (tourte)
Ingrédients : 500 g de bœuf haché, 500 g de champignons, un oignon (nouveau à la saison), cinq pommes de terre, 2 à 3 œufs frais, 2 œufs durs, 150 g de beurre, 4 à 5 cuillerées à soupe de farine, aneth, sel, poivre.
•Faire cuire les pommes de terre dans l’eau salée, les égoutter, puis les réduire en purée. Battre les œufs et les rajouter à la purée avec le beurre, puis la farine. Mélanger jusqu’à obtention d’une pâte souple. La partager en deux.
•Faire revenir les champignons à la poêle. Réserver. Faire revenir les œufs durs coupés en morceaux et l’oignon en rondelles. Réserver.
•Faire revenir la viande hâchée, ajouter du sel et du poivre. Foncer un moule à manquer préalablement beurré avec la moitié de la pâte. Y déposer successivement les champignons, le mélange œufs durs oignons, puis la viande.
•Couvrir avec la seconde moitié de la pâte, souder les bords à l’eau et mettre à dorer au four.

 

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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex