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1923_14_HTGrandes cultures. Malgré l’envol des cours des céréales ces derniers mois, la société coopérative agricole  du Ribéracois, en assemblée générale lundi, prône la prudence. L’an dernier, elle a accompagné 160 adhérents en difficulté.

 La Scar

joue les airbags

face à la volatilité

Encore quelques contentieux avec les anciens dirigeants (lire encadré) et les problèmes de la coopérative Scar seront à classer au rang des mauvais souvenirs. « La coopérative n’a plus aujourd’hui de remboursement d’emprunts anciens et aucun nouveau n’a été réalisé », a signalé Jean-Jacques Gendreau, président de la société coopérative agricole du Ribéracois (Scar) lors de son assemblée, lundi 13 décembre à Ribérac. Il a tenu à rassurer les adhérents sur l’éthique de leur coopérative « restée petite et ancrée dans son territoire, surtout proche des intérêts des agriculteurs ». L’an dernier, la coopérative a mis en place un accompagnement de crise personnalisé auprès de 160 adhérents en difficulté.

De 120 à 200 euros/tonne
Cette année, en dépit des cours en hausse, la coopérative poursuit sa gestion de prudence, notamment en accompagnant les agriculteurs sur le marché à terme, par le stockage commercial et les prix d’acompte. Une politique destinée à amortir les risques dans un contexte de forte volatilité des cours. « En mai-juin, nous connaissions des prix des céréales de l’ordre de 120 à 130 €/tonne, aujourd’hui, nous sommes à 200 € », a dit Jean-Jacques Gendreau, égratignant au passage les déviances libérales de la PAC (politique agricole commune) et les spéculations sur le marché alimentaire. Car, si « le schéma haussier de ce début de campagne 2010-2011 change l’ambiance », selon les mots du directeur Philippe Roussillon, les dirigeants de la Scar se méfient des à-coups et des variations extrêmes des prix. Avec des organismes d’analyse des marchés (Odea) et de comptabilité-gestion (CER France), la coopérative communique sur les systèmes de protection, parmi lesquels le marché à terme, et les outils de gestion des risques.
Si les cours étaient bien moins attractifs, l’exercice 2009-2010 montrait déjà des indices favorables, comme des volumes en forte progression, passant de 128 438 tonnes de céréales à presque 140 000 t en 2009. Et c’est le maïs, leader pour la Scar, qui montre la plus belle progression (de 77 000 à 86 348 t).

Des pistes de développement
Dans le même temps, la commercialisation des approvisionnements reculait de 15 %, voire de 20 % pour le poste engrais. La conséquence de prix revenus à la normale après la forte hausse de 2008. En réalité, les volumes d’engrais vendus ont fait un bond de 20 %. Au final, le chiffre d’affaires de la coopérative s’élime : de 47 millions à 42 millions d’€. Le résultat net suit la courbe mais reste largement positif : de 531 000 € en 2008, il passe à 405 000 €. L’exercice clôturé en juin 2010 a permis de verser 400 000 € de compléments de prix aux adhérents. Lors du vote desrésolutions, un complément aux prix du maïs (226 800 €, 5 € par tonne) est voté pour la campagne 2009.
La coopérative entrevoit de nouvelles pistes de développement, après son plan d’investissement de 2,6 millions d’€ sur 3 ans pour du matériel et des installations de stockage. Un nouveau site sur Thiviers et un magasin à Mussidan viendront s’ajouter aux 24 sites pour l’approvisionnement, le stockage et la collecte de la Scar. « Des investissements qui se rentabiliseront eux-mêmes et n’auront pas d’impact sur l’activité agricole », a tenu à rassurer le directeur.

Nelly Fray

 

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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex