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1922-3-HTFormation. Une première en Aquitaine : après deux ans de gestation, une formation en langue occitane va être organisée pour les personnels œuvrant auprès des personnes âgées. Elle a débuté mi-octobre avec dix stagiaires, tous salariés.

 L’occitan, un outil

économique et social
Pour tous ceux qui travaillent en Dordogne auprès des personnes âgées, en établissement ou à domicile, le Centre de formation professionnelle de Champcevinel propose une initiation à la langue occitane, afin de construire une nouvelle relation.
En Périgord, l’occitan est la langue maternelle de la majorité des personnes de plus de 70 ans. Lorsque les malades d’Alzheimer sont bilingues, c’est le plus souvent la seconde langue qui est oubliée avant la langue maternelle.
Partant de ce double constat, le Conseil régional d’Aquitaine a pris l’initiative de lancer une formation en langue occitane à destination des personnels ayant en charge les personnes âgées à domicile ou dans les maisons de retraite. Il s’agit d’une première en Aquitaine et sans doute en France.
« Ce projet expérimental et original montre la volonté d’inscrire l’occitan dans la vie quotidienne et comme outil à la fois social et économique. Nous avons mis deux ans à construire cette formation. Les dix premiers stagiaires ont débuté les cours le 12 octobre et terminent dans quinze jours », explique Bérénice Vincent, conseillère régionale.
La formation se déroule sur 70 heu­res dispensées par le CFP de Champcevinel au rythme d’une journée par semaine. « Les niveaux de langue sont hétéroclites. Plusieurs personnes n’avaient aucune connaissance de l’occitan, d’autres le comprennent. Les profils professionnels sont hétérogènes », précise Stéphane Goujard, directeur du CFP de Champcevinel.

Un rapport différent
avec les résidents
Quatre salariés de la maison de retraite de Carsac-Aillac suivent la formation, des aides-soignantes à la psychologue de l’établissement. « Le rapport avec les patients n’est pas le même. Même si je ne parle pas correctement, il y a plus de relationnel, plus d’échanges. C’est bénéfique pour la personne dont on s’occupe et à titre personnel », estime Sophie, aide-soignante.
Le fait que cette initiative soit lancée à titre expérimental n’est pas dû au hasard. Une enquête menée en 2008 par la Région a confirmé que la Dordogne était le département aquitain où la langue occitane était la mieux comprise et la plus couramment parlée. Pour une salariée de Cassiopéa, ce cursus est « une pause qui permet de progresser et d’avancer au sein de l’entreprise ».
« Cette formation s’adresse pour le moment à des salariés en poste afin de leur permettre de mettre en œuvre les acquis des sessions dans un contexte professionnel durant les périodes entre les journées de formation. C’est le choix que nous avons fait », précise Stéphane Goulard, directeur du CFP de Champcevinel. Il n’est pas nécessaire de savoir parler ou écrire l’occitan.
Dans le secteur gérontologique, l’utilisation au quotidien de l’occitan permet de conforter la relation d’aide et de stimuler la personne âgée en s’appuyant sur une composante essentielle de son identité, de mettre à jour les effets bénéfiques du recours à la langue maternelle dans la prise en charge de personnes, de troubles psychiques ou de maladies neurodégénératives. Cette stimulation pourrait avoir des effets bénéfiques sur les malades d’Alzheimer.
Cette formation est subventionnée à hauteur de 21 000 € par la Région pour 60 stagiaires. Le CFP espère très vite constituer la deuxième promotion.
Claude-Hélène Yvard

Renseignements : 05 53 45 40 70.

 

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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex