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Prigonrieux. La préfète va à la rencontre des élus du département pour les informer des nouvelles responsabilités qui leur incombent en matière de prévention et de gestion des espaces.
L’État à la rencontre
des maires du Bergeracois
1919_4_HTLe rendez-vous avait été pris lors du congrès de l’Union des maires en septembre dernier. En effet, Béatrice Abollivier, préfète de la Dordogne, s’était engagée à rencontrer les maires des quatre arrondissements du département pour leur faire part des rendez-vous de l’État et des nouvelles missions confiées aux maires en matière de protection et sécurité des populations, de santé et cohésion sociale, de développement et aménagement du territoire. Enfin, un dernier point faisait état de la réforme de la fiscalité locale qui sera appliquée en 2011.
La première de ces réunions avait lieu à Prigonrieux lundi 15 novembre, en présence du sous-préfet Bernard Pouget, de la directrice de cabinet de la préfecture, de responsables de la Direction départementale des territoires (DDT). Après une présentation générale des sujets d’actualité, le débat s’est recentré sur la mise en application par les communes des politiques de prévention. Ainsi, les plans communaux de sauvegarde (PCS), qui consistent à apporter une réponse de proximité à la gestion de tout type d’événements de sécurité civile (phénomènes climatiques extrêmes, crises sanitaires...), obligent les communes à réaliser un plan de prévention des risques naturels.
Un dispositif parmi d’autres qui engage la responsabilité du maire. L’élu a également un rôle central dans la prévention des délinquances et les hospitalisations sous contrainte pour lesquelles il est appelé à intervenir à titre provisoire s’il y a urgence. Il doit également intervenir en cas d’habitat indigne et il lui faut de plus en plus souvent jouer son rôle de police locale, qu’il s’agisse d’infractions commises sur la commune ou d’absentéisme scolaire. Béatrice Abollivier a tenu à rassurer les élus en évoquant les outils, parmi lesquels la vidéo protection, et les fonds interministériels de prévention de la délinquance à leur disposition.

L’intercommunalité, réponse adaptée
Dans la salle, des maires font part de leurs problèmes du quotidien : un tel a dû intervenir sans succès chez un propriétaire qui entasse ses ordures, créant une nuisance pour le voisinage. Tel autre s’interroge sur les moyens dont dispose sa commune pour intervenir lorsqu’un propriétaire laisse ses terres à l’abandon. D’autres se demandent encore comment répondre aux projets d’installation au sol de panneaux photovoltaïques... 
Les maires s’inquiètent aussi des évolutions à partir de 2011 à prendre en compte lors de la réalisation et de la révision des plans locaux d’urbanisme (PLU) et des cartes communales. Ces changements, qui consistent en des dérogations pour l’ouverture à l’urbanisation ou l’instruction d’un dossier propre au zonage Natura 2000, visent à prendre en compte le devenir des espaces naturels et agricoles et des risques d’incendies de forêts.
Autant de problématiques lourdes pour des maires déjà surinvestis, a admis la préfète qui voit dans l’intercommunalité une réponse adaptée. « Aller vers l’intercommunalité permettra à chacune des communes de disposer des mêmes moyens qu’une communauté urbaine. À l’image des Cuma en agriculture, une communauté de moyens permettra de se doter de services techniques, de documents d’urbanisme intercommunaux », a plaidé la représentante de l’État.
En ce domaine, le Bergeracois n’est pas en retard puisque le périmètre du schéma de
cohérence territoriale (Scot) de l’agglomération de Bergerac, réunissant 27 communes et 3 communautés de communes, est arrêté depuis juin et que son syndicat mixte est en cours de constitution.


Nelly Fray 

 

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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex