Archives

Artisanat. Jean-Marc Pradier, garagiste-carrossier à Périgueux, en association avec un confrère, lance Allure Chrome, un procédé qui permet d’argenter des pièces quel qu’en soit le matériau.

« La magie de la projection d'argent »

1918_15_htLe patronyme Pradier est bien connu à Périgueux. Ce sont les Entrepôts métallurgiques créés par le grand-père aux alentours de 1860, puis le garage de la rue Antoine-Gadaud créé par Jean-François Pradier, en 1963. Le garage est toujours géré par ce dernier et c’est son fils Jean-Marc qui en est le responsable. Depuis quelques mois, à côté de l’activité vente, réparation et carrosserie, Jean-Marc Pradier, en association avec Laurent Thierry, carrossier à Paris, propose un nouveau service. Il argente à façon toutes pièces, qu’il s’agisse d’éléments de carrosserie ou d’objets de décoration.
Au départ, Jean-Marc Pradier et Laurent Thierry découvrent le procédé et achètent une machine canadienne pour refaire des pièces de voitures de collection qu’ils restaurent. Mais les résultats laissent à désirer, notamment en terme de résistance de la pellicule d’argent dans le temps. Alors tous deux décident de fabriquer une nouvelle machine répondant à leurs attentes et d’appliquer le procédé à divers objets, notamment de décoration.
Deux machines sont en cours de construction et le brevet va être déposé. Une nouvelle société Allure Chrome France est en train d’être constitutée, le site internet existe déjà. L’objectif étant de créer un réseau d’applicateurs dans toute la France, sous l’enseigne Les Ateliers Allure Chrome. « Cela permettra d’apporter une activité supplémentaire à des carrossiers ou à des professionnels disposant d’un four », explique Jean-Marc Pradier. À ce jour, six personnes ont fait acte de candidature, tous d’anciens utilisatæ≈eurs déçus de la machine canadienne.
Le process, qui s’appuie essentiellement sur la chimie, consiste pour faire simple et sans trop en dévoiler, à nettoyer soigneusement la pièce à argenter, puis à la recouvrir d’un produit d’accroche qui sera cuit à 55 °C. Après un temps de séchage d’un à trois jours, l’argent est projeté sur la pièce, au pistolet. Une fois la couche sèche, un vernis est passé pour la stabiliser. Et c’est là, si le client le souhaite, que peut intervenir la couleur. Le vernis est teinté à son goût et peut se décliner dans des variations infinies, avec même des effets de contrastes ou de dégradés.
Le travail est minutieux aussi bien pour les préparatifs que pour l’application et nécessite un strict respect des délais entre les différentes opérations.
Mais Jean-Marc Pradier ne se lasse pas de cette nouvelle activité « c’est magique », commente-il. Il est vrai que la pellicule d’argent transforme en objet raffiné et précieux un simple élément usuel et basique de la vie quotidienne comme une bouteille en verre.

Travail minutieux
Les commandes émanent de décorateurs, d’artistes et de particuliers. Les différents supports que Jean-Marc Pradier a à traiter lui permettent d’affiner la technique et les gestes, même si les bases restent les mêmes. La semaine dernière, il a ainsi paré d’argent des bouteilles en verre, une colonne en plâtre et un fauteuil ancien.
Dans les locaux du garage rue Antoine-Gadaud, on peut découvrir de nombreux objets argentés par les soins de Jean-Marc Pradier. Cette mini-exposition permet de constater que pratiquement n’importe quel support peut subir pareil traitement : verre, plâtre, bois, plexi, alu et même… scarabées et papillons.
Jean-Marc Pradier s’est découvert une passion pour l’application d’argent. Patrice Guillot, son carrossier, l’assiste et s’occupe plutôt de la partie préparation.
À noter que le process Allure Chrome vaut à Jean-Marc Pradier de faire partie de dix lauréats du concours 2010 de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Dordogne “Innover pour gagner”.
Nadine Berbessou
 

 

Retour à la une ...

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex