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Armurerie. Diplômé de l'écle de Liège, Georffrey Couderc s'est installé au début de l'été comme artisan armurier dans le bourg de Marcillac, près de Sarlat. Il est l'un des derniers professionnels français à fabriquer des fusils presque de A à Z.
Le seul artisan
  armurier de Dordogne

1917_armurerieGeoffrey Couderc, à 25 ans, exerce un métier en voie de disparition. Il est artisan armurier et a créé son entreprise au début de l’été dans le bourg de Marcillac-St-Quentin, près 
 de Sarlat. « Dans ma famille, nous sommes chasseurs depuis plusieurs générations. Tout petit je suivais mon père. C’est cette passion qui m’a  donné l’envie d’exercer cette profession », explique le jeune homme.
La vocation lui est venue très tôt puisque, dès la sortie du collège, le jeune garçon, soutenu par ses parents, opte pour un CAP-BEP électrotechnique. « Avant de suivre une formation spécialisée, je souhaitais acquérir les notions de base en mécanique générale. Ce diplôme s’avère utile dans l’exercice de mon métier, car fabriquer un fusil allie des compétences en mécanique et en ébénisterie. »
 Après l’obtention de son BEP, Geoffrey part en Belgique se former dans l’une des rares écoles spécialisées en Europe. Il n’a que 17 ans. « Pour moi, l’école de Liège est la meilleure d’Europe. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté. La formation dure trois ans. En parallèle, j’ai suivi en cours du soir auprès des arts et métiers de Liège une formation sur le travail du bois. »
Natif du Sarladais et attaché à sa région d’origine, le jeune homme est embauché dès son retour en Gironde, chez Tony Gicquel, un des derniers fabricants d’armes français. « J’y suis resté trois ans et j’ai beaucoup appris auprès de lui mais l’envie de m’installer a été plus forte. Je voulais revenir en Dordogne. »

Profession réglementée
Fin 2008, le jeune homme démissionne pour faire aboutir son projet et il compte s’installer dans le courant de l’année 2009. « Au départ, je souhaitais créer mon entreprise sur la zone industrielle de la borne 120, sur la commune de Marcillac-Saint- Quentin, mais la parcelle s’est révélée en zone inconstructible. Il a fallu faire un autre choix. Les démarches ont été longues car ma profession est réglementée. Il faut un projet concret, obtenir une autorisation de la préfecture, les locaux doivent répondre à des normes strictes de sécurité. »
Par chance, ses parents agriculteurs possédaient une vieille grange dans le bourg de Marcillac. « Nous n’avons gardé que le bâti et la toiture pour la transformer en local professionnel avec une partie boutique. » Pour limiter au maximum l’investissement, il fait appel à sa famille : son grand-père ancien artisan ébéniste lui a fabriqué tous les meubles et établis. Seul le gros œuvre a été réalisé par des artisans locaux. « Je ne pouvais pas dépasser 100 000 € d’investissement, les ban­ques n’auraient pas suivi. Une seule a validé mon dossier et décidé de me donner ma chance. »
Passionné, Geoffrey Couderc est l’un des derniers à être capable de fabriquer un fusil presque de A à Z, seul le canon provient d’Allemagne. Il fait de la restauration et de la réparation d’armes. « Je propose également des crosses sur mesure, pour ceux qui ont des problèmes de santé. Je m’adapte aux souhaits de mes clients. » Pour la fabrication, il privilégie les essences de bois locales, notamment le noyer. Quatre mois après l’ouverture, le jeune artisan a deux fabrications de fusils en cours, des réparations et des devis.
 

Claude-Hélène Yvard 

 



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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou

Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex