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1922-10_HTEmploi. La Chambre de métiers et de l’artisanat a organisé lundi dernier une table ronde au pôle interconsulaire sur l’insertion et le maintien des personnes handicapées dans les petites entreprises de la Dordogne.
Garder les compétences

malgré le handicap
En Dordogne, la part des handicapés dans la population est supérieure à la moyenne nationale : 9,5 % contre 6,8 %. Le département est doté d’un programme départemental d’insertion des travailleurs handicapés. Le handicap n’est pas visible au premier abord. Il survient au cours d’une première vie professionnelle par usure due à un métier physique ou lors d’un accident de la vie. « La plupart des gens que nous rencontrons à Cap emploi ne sont pas nés avec un handicap. Ils ont eu un accident de voiture, ont développé une maladie professionnelle. Parfois, il s’agit d’un dos qui se bloque et l’exercice du métier pour lequel on est compétent devient difficile ou nécessite un aménagement de poste. Parfois, il faut envisager une reconversion professionnelle. Notre mission, au sein de Cap emploi, est d’aider ces personnes à faire émerger en eux un nouveau projet, pour les aider à rebondir », explique Jean-François Marezcko, directeur de Cap emploi.

Des solutions au cas par cas
La table ronde sur le handicap organisée lundi après-midi au pôle interconsulaire par la Chambre de métiers et de l’artisanat a mis en lumière que l’insertion des personnes handicapées n’est pas si simple. Bien souvent, chaque cas correspond à une solution individuelle et un accompagnement de plusieurs mois.
Témoin privilégié de l’après-midi, Joël Jeannot a évoqué son parcours personnel : il a 25 ans lorsque dans le cadre de son travail de mécanicien, il se retrouve coincé sous un véhicule. Résultat : il ne remarchera plus jamais, mais par chance, il a conservé la mobilité du haut du corps. Le jeune homme, après une longue rééducation et des moments difficiles, trouvera une seconde vie dans la pratique sportive à un haut niveau. On connaît la suite et ses nombreux titres de champions du monde et olympiques en athlétisme et handbike.
Au cours de ces dernières années, on note des évolutions positives sur la manière d’aborder le handicap et l’entreprise. « Les entreprises de plus de 20 personnes ont l’obligation d’avoir dans leur effectif 6 % de salariés handicapés. Certaines sociétés préféraient payer de fortes contributions plutôt que de recruter des personnes handicapées. Le nombre de ces entreprises est en baisse. Cette année, le nombre de contributeurs à l’Agefiph a diminué de 13 % », souligne Jean-François Saturnin, délégué de l’Agefiph, acteur central de la politique d’emploi en faveur des personnes handicapées.
Cette table ronde faisait suite à l’action menée par la Chambre de métiers concernant la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. « Nous suivons actuellement 33 entreprises artisanales. Au cours de nos entretiens, un tiers des chefs d’entreprises a abordé cette question du handicap. Un tiers a des travailleurs handicapés ou qui pourraient être reconnus comme tels. Pour ces artisans, la question du maintien dans l’emploi se pose, car ils souhaitent avant tout conserver les compétences dans l’entreprise. Le but de cet après-midi était de les sensibiliser et de leur donner les clefs pour s’informer », explique Elsa Eloi, conseillère emploi à la Chambre de métiers.

Claude-Hélène Yvard

1922_10_BASAgriculture. Patrick Tréhin, exploitant agricole à Paunat, a pu poursuivre son activité professionnelle, malgré son handicap.
Deux ans

d’accompagnement
Après vingt-cinq ans d’activité agricole, Patrick Tréhin, exploitant agricole à Paunat a développé une maladie professionnelle. « Je suis atteint d’une affection respiratoire. Je ne supporte plus les moindres poussières et le moindre effort physique me fatigue énormément. Tous les spécialistes que j’ai consultés à Bordeaux m’ont conseillé dès 2008 d’arrêter mon activité professionnelle. À plus de 50 ans, c’était dans mon esprit parfaitement inenvisageable pour plusieurs raisons : mon épouse travaille sur l’exploitation ; je ne pouvais imaginer un changement total de vie et reprendre une formation. »
L’exploitation du couple a trois activités : le lait, les céréales et le tabac. Patrick Tréhin se tourne alors vers le service santé au travail de la Mutualité sociale agricole et le Sameth (Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés) en vue d’obtenir aides et conseils.
L’activité laitière implique des efforts physiques liés à la manutention des animaux et l’exposition à la poussière tout comme la culture du tabac. L’aide de la MSA a consisté à l’achat d’un quad pour les déplacements sur la ferme qui se trouve en terrain accidenté, et d’un masque de protection, et de l’achat d’une remorque à bascule pour faciliter le transport des animaux. Pour la récolte des céréales, la climatisation a été installée dans la cabine du tracteur ainsi qu’une rampe télescopique.
« Nous avons aussi proposé une aide humaine pour les travaux des sols et les traitements phytosanitaires. M. Tréhin ne fait plus certains travaux sur son exploitation. Nous l’accompagnons depuis deux ans et le suivi va se poursuivre », explique le docteur Bourrier, médecin du travail à la MSA.
Pour permettre à l’agriculteur de rester sur l’exploitation, l’investissement a représenté 15 000 € financé pour moitié par l’exploitant et pour la seconde moitié par la MSA et l’Agefiph.
Cl.-H.- Y.



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