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 Promotion. À partir de cette année, les éleveurs ovins bénéficient de la revalorisation des aides PAC. Philippe Collas, président de la section ovine d’Univia, évoque le retour de dynamisme d’une filière qui a désormais tout pour intéresser de nouveaux producteurs.
L’agneau du Périgord,
production d’avenir

 

1918_12_HT_OVINSTrois ans après l’obtention de l’IGP Agneau du Périgord, où en est la production ?
Philippe Collas, éleveur à Peyrignac et président de la section ovine d’Univia : L’élevage ovin en Dordogne est résolument tourné vers la modernité. Avec tous les acteurs du département (Chambre d’agriculture, syndicat, Conseil général …), les éleveurs du groupement ovin d’Univia ont su organiser leur production autour d’un agneau de qualité en label Rouge et IGP Agneau du Périgord. Le succès commercial nous conduit même aujourd’hui à rechercher de nouveaux éleveurs ovins. En effet, les efforts des éleveurs pour promouvoir leurs produits ont porté leurs fruits. On s’est engagé dans la démarche Saveurs du Périgord. Dans ce cadre, en 2010, dix éleveurs se sont impliqués dans cinq animations en GMS. La coopérative a multiplié les points de vente en France, qui sont au nombre de 70 désormais, après une augmentation de 20 % cette année. Résultat, 15 % d’agneaux sous label Périgord ont été commercialisés en plus sur un an. La dynamique est en marche. 

Malgré ces bons résultats, le nombre de producteurs ne cesse de baisser... Qu’est-ce qui explique cette désaffection pour l’élevage ovin ?
Ph. C. : C’est vrai, aujourd’hui seuls 130 éleveurs vendent de l’agneau label auprès d’Univia. Jusque-là, la filière faisait les frais d’un traitement inégalitaire par rapport aux autres productions et les professionnels se sont battus pour rétablir l’équilibre. Depuis cette année, le rééquilibrage des aides PAC permet à tout détenteur de plus de
50 brebis de percevoir une prime à la brebis de près de 24 e. Nous avons commencé à toucher cette aide le mois dernier et c’est une bouffée d’oxygène. Enfin, l’État et l’Europe ont compris que l’élevage ovin allait dans le sens du développement durable et de la biodiversité, en misant sur la production d’herbe notamment. Ces aides n’obéissent à aucun quota, tout nouvel installé dans cet élevage y a droit. Et l’on pense qu’avec la baisse des importations des pays importateurs, comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, la production d’agneaux a de beaux jours devant elle. D’autant qu’en France, on produit moins de la moitié de ce que l’on consomme.

Si cette production est encouragée, ne va-t-elle pas souffrir de la hausse actuelle du prix des matières premières et des céréales ?
Ph. C. : Bien sûr, les ovins ne se nourrissent pas que d’herbe. Il leur faut des céréales et, dans certaines situations comme dans mon élevage, il faut les acheter à l’extérieur. Grâce au label et à l’organisation de la filière, c’est une production pour laquelle la commer­cialisation est maîtrisée. La sécurité en termes de débouchés est assurée. L’agneau label, qui répond à des exigences qualitatives, est vendu plus cher et ne connaît que peu de fluctuations des cours sur une année. On est sur un marché linéaire qui échappe aux cours mondiaux. Bien peu de productions peuvent en dire autant. La coopérative rétrocède aux éleveurs une plus-value label qui peut aller de 13 à 20 e par agneau. L’objectif pour Univia est d’avoir un maximum d’agneaux labellisés pour une meilleure valorisation : de 45 %, on est passé à 70 % d’animaux labellisés. C’est le résultat d’efforts techniques et génétiques et du travail de la coopérative.

Mais si cette production devient rémunératrice, elle reste gourmande en temps de travail. N’est-ce pas un obstacle à de nouvelles installations ou à des diversifications en ovin ?
Ph. C : Là encore, l’élevage ovin a bien évolué. Certes, il y a des pics de travaux pendant les agnelages, mais les éleveurs sont nombreux à avoir choisi de les concentrer sur deux ou trois périodes. Le désaisonnement naturel (sans recours aux hormones, proscrites dans le cahier des charges de l’IGP, ndlr) peut y aider. On a choisi d’ailleurs dans le cadre de l’IGP des races qui désaisonnent facilement comme la lacaune. La production s’est mécanisée aussi. Mais un des avantages est qu’un éleveur peut se lancer sans trop d’investissements : on peut partir avec des bâtiments légers, de type tunnels, il n’y a pas de mise aux normes en ovin, le coût des agnelles est raisonnable...

Univia a choisi de communiquer pour attirer de nouveaux producteurs. À qui s’adresse cette campagne de promotion ?
Ph. C : À toute personne intéressée par la production d’agneaux du Périgord, une production qui valorise bien la technique et peut attirer aussi bien de nouveaux installés que des éleveurs d’autres productions en recherche d’une diversification. Les techniciens de la coopérative Univia sont là pour répondre aux questions et faire une estimation de ce que peut rapporter la production d’agneaux, en élevage spécialisé ou en atelier complémentaire en optimisant au mieux un parcellaire ou des bâtiments existants.
Propos recueillis
par Nelly Fray


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