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 Lait. La Fédération départementale des producteurs de lait (FDPL) a réuni le 29 otobre des éleveurs livrant à Fromarsac pour évoquer l'opportunité d'une organisation collective et économique. Il s'agit de gérer les volumes et de peser dans les négociations.
Un pas de plus vers les contrats collectifs

 

1917_laitUne vingtaine de producteurs laitiers, dont une partie du conseil d’administration de la Fédération départementale des producteurs de lait et des délégués de la laiterie Fromarsac, ont répondu présents, vendredi 29 octobre, à l’invitation de la FDPL. En effet, le syndicat propose de créer une organisation collective et économique des producteurs livrant à Fromarsac et créer un groupe de travail chargé de travailler à cette OP.
Tous ont été marqués par la crise du lait qui a vu l’effondrement des cours l’an dernier et la division dans les rangs du syndicat majoritaire. Tous sont inquiets pour 2015 et la fin annoncée des quotas laitiers. Mais ils ne partagent pas tous la même analyse. La plupart sont conscients qu’il faut mettre au point un système de gestion des volumes pour tenter de préserver les prix. Mais « ne vaut-il pas mieux tenter de produire un maximum pour essayer de faire comme les Allemands qui viennent prendre des parts de marché chez nous ? », s’interroge un jeune éleveur du Ribéracois. 
« On n’ira pas se mettre à genoux devant un producteur qui veut jouer perso, mais nous devons nous poser la question : est-ce qu’on veut prendre en main la gestion des volumes ou laisser s’installer l’anarchie ? », répond Christian Denoix, président FDPL. 
C’est pour éviter la concurrence entre producteurs et entre bassins de production que la FDPL plaide pour une organisation collective et économique des producteurs. Certes, elle existe déjà, y compris en Dordogne pour ceux qui livrent à la laiterie des Chaumes à Saint-Antoine-de-Breuilh, mais pas à Marsac. Alors, pourquoi ne pas créer une OP à l’échelle d’une entreprise même si, au dire des producteurs, il faut aller vers une organisation la plus large possible, nationale et même européenne.

Contre les contrats individuels
« Une chose est sûre, avance Guillaume Bourge, directeur de la FRPL, après 2015, plus personne ne sera obligé de déclarer les volumes produits et stockés ». Il craint une désorganisation totale de la collecte faisant le jeu des laiteries qui « pourront alors collecter qui elles veulent là où ça les arrange ». Des contrats individuels seraient proposés par les entreprises. Inacceptable pour les syndicalistes qui brandissent le spectre de l’intégration.
« Pour que les laiteries ne fassent pas la pluie et le beau temps, il faut réinventer un rapport de force entre la production et l’aval », prône Guillaume Bourge. Il y a urgence, selon lui, à travailler sur des contrats collectifs car le ministre de l’Agriculture veut imposer une contractualisation début 2011 et déjà les industriels battraient la campagne pour que des producteurs signent des contrats de façon isolée.
Autour de la table, les producteurs ne sont pas tous convaincus : « des OP existent déjà et qu’est-ce qu’elles font de plus ? », s’emporte Michel Parachou, un producteur se revendiquant de l’Apli.
En fin de réunion, décision a été prise de créer un groupe de travail appelé à réfléchir aux fondations de la nouvelle organisation des producteurs de Fromarsac. Sept personnes vont y travailler, « mais, ajoute le président de la FDPL, le groupe reste ouvert à toute personne pouvant être force de propositions ».

Maîtriser la facturation
La création de l’OP presse car il s’agit de définir au plus vite les mandats de la négociation : durée du contrat collectif, volumes, axes de développement... pour une contractualisation annoncée au tout début de 2011, selon les vœux de Bruno Le Maire. La négociation se baserait sur un accord interprofessionnel pour éviter les concurrences par bassin sur les volumes, qualité du lait, grille de paiement. Le contrat, tel que le souhaitent les producteurs, intégrera aussi des négociations particulières (liées à une AOC par exemple) et des clauses spécifiques.
Un point fait consensus : il faut mutualiser la prise en charge de la facturation : « nous devons garder la main sur la facturation, c’est la seule façon de connaître les besoins des entreprises en termes de volumes et de pouvoir s’adapter en conséquence », explique Christian Denoix.
De la même façon, le transfert de propriété doit être du ressort de l’OP. « En contrat individuel, si l’éleveur arrête, ses volumes contractualisés appartiennent à la laiterie et elle en fera ce qu’elle voudra. »
Il n’empêche, tous les arguments avancés ne suffisent pas à rassurer les plus réticents. Un tour de table fait savoir que plus de la moitié des présents admet qu’il faut aller vers une OP mais, comme dit l’un d’eux, « je ne suis pas prêt à signer un contrat pour 5 ans si l’OP ne peut pas me garantir un prix ».
Les responsables de la FDPL se donnent un mois pour convaincre tous les producteurs de Fromarsac du caractère vital pour la filière de se regrouper.

Nelly Fray

 


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