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Emploi. L’Espace économie emploi du Bergeracois a organisé une matinée, le 19 février à La Force, consacrée au statut du salarié en temps partagé et aux groupements d’employeurs. Une solution qui répondrait aux besoins de flexibilité des entreprises.
Le travail en temps partagé pour les PME
2035 9 htDe la souplesse pour les entreprises, de la sécurité pour le salarié. C’est le message qu’ont tenté de faire passer les responsables d’associations et de groupements chargés de gérer des salariés en temps partagé. L’Espace économie emploi du Bergeracois avait convié des élus, chefs d’entreprises, chercheurs d’emploi à une réunion, à La Force le19 février, pour évoquer cette solution de recrutement qui tend à se développer.
Des interventions ont montré qu’on pouvait concilier compétences, sécurité et pérennité de l’emploi en partageant son temps entre plusieurs entreprises, donc plusieurs employeurs. Une association a même été créée pour faire connaître ce principe. L’association Compétences en temps partagé (CTP 24) n’a que quelques mois d’existence, mais elle a déjà permis à 28 adhérents de se former et de retrouver un emploi pour certains. « Nos premiers résultats sont encourageants puisque 19 personnes se sont formées grâce à notre formation et 12 de nos adhérents ont retrouvé un emploi, dont 6 en temps partagé, 4 à temps plein, un a réalisé une reconversion professionnelle, un autre créé son entreprise », explique Christiane Dhainaut qui a participé à la création de l’association CTP 24.
Le constat que les ressources étaient peu et mal utilisées en milieu rural, beaucoup de cadres quittant la Dordogne pour trouver du travail, avait conduit un groupe de cadres à créer leur propre structure. Après avoir rencontré près de 120 chefs d’entreprises, ils en sont venus à la conclusion que le travail en temps partagé était une solution intéressante. En effet, « dans le cadre du multi-salariat ou de la pluri-activité, l’employeur bénéficie des compétences d’un salarié autonome et expérimenté pour un poste qui aura été défini avec lui », poursuit Christiane Dhainaut. Lors de l’embauche, un code de déontologie est signé par le salarié pour garantir transparence et confidentialité. En contrepartie, il bénéficiera du réseau d’entraide et d’accompagnement qu’est aussi l’association.

Retrouver la fierté d’embaucher
Avec les groupements d’employeurs (lire ci-après), les compétences à temps partagé proposent des solutions rassurantes pour les entreprises. Chantal Cros, gérante de la PME Aquitaine géomembrane, a fait part de son expérience. « En 2008, mon entreprise s’est beaucoup développée et j’ai embauché des intérimaires. Mon expert-comptable m’a dit que je n’avais pas le droit de multiplier ce type de contrats et j’ai créé quatre emplois au sein de mon entreprise. Un an après, les budgets sur les marchés publics ont chûté. J’ai dû licencier. Dans une petite équipe, c’est un traumatisme pour tout le monde. »
La chef d’entreprise estime qu’aujourd’hui elle préfère travailler en sous-effectif et perdre des marchés plutôt que de revivre cette expérience. À moins, dit-elle, que l’emploi partagé lui permette de retrouver « la fierté d’embaucher du personnel ».

Nelly Fray

en chiffres
8,5% de la population active travaille en temps partagé

25 associations dans 60 départements adhérent à la Fédération nationale des associations de travail en temps partagé
(1 100 adhérents)

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