Archives

Créé : vendredi 12 novembre 2010

1918_3_hautRetraites.  L’Association départementale des retraités agricoles de Dordogne a tenu son assemblée générale vendredi 5 novembre au Palio de Boulazac.

Toujours en colère
face à l’immobilisme



Les retraités agricoles de Dordogne sont venus en force, au Palio de Boulazac, assister à l’assemblée générale de leur association vendredi dernier. En bus, en voiture, ils étaient près d’un millier à avoir fait le déplacement, certains avec cannes ou béquilles, un effort méritoire à la mesure de leur désarroi et de leur quête de reconnaissance. Roger Tréneule, le président, a ouvert la séance, disant sa satisfaction devant le succès populaire et médiatique de la manifestation du 20 août à Bergerac. « Tous les Français ont pu être informés de notre infortune. » Il accueille la nouvelle présidente nationale Jeanine Delfour et remercie Henri Drapeyrou pour son dévouement. L’ancien président redevenu, selon son souhait, simple adhérent, est bien présent au premier rang.
Jeanine Delfour, dans son rapport d’activité, indique combien le mouvement est encore vivant en Périgord avec 6 500 membres. Elle exprime aussi combien, malgré les nombreuses rencontres de l’année, une certaine amertume s’installe avec le désagréable sentiment de ne jamais être entendu. Mais elle confirme l’opiniâtreté des retraités agricoles dont la motivation ne faiblira pas, continuant de revendiquer inlassablement leurs droits, aussi longtemps qu’il le faudra.
La conseillère régionale Claudine Le Barbier dit son malaise : « il est parfois difficile d’accepter des accusations d’immobilisme quand on est sincère. Mais la détermination et la pugnacité de votre association ont obtenu quelques avancées, même si elles sont insuffisantes ». Elle se dit également « effarée » de l’incroyable complexité du régime agricole.
Complexité qui ne facilite pas la tâche de la MSA, parfois bien impuissante à décrypter des instructions issues de textes nébuleux. C’est une des revendications de l’Anraf : « une loi claire, reposant sur des textes compréhensibles et lisibles par tous ».

Deux euros
pour réduire la pauvreté
Jean-Pierre Saint-Amand, vice-président du Conseil général en chage de l’agriculture, déplore pour sa part le sentiment de piétiner dans un système figé. Il ne manque pas, à son tour, de souligner le rôle d’Henri Drapeyrou, pur produit du pays vernois. Le député du Sarladais Germinal Peiro insiste sur l’importance de l’année 2010 en matière de retraites. Extrêmement déçu par le rejet de son projet de loi le 21 janvier, il réclame, au moins, l’application stricte de la loi, soit 75 % du Smic alors qu’actuellement les agriculteurs plafonnent à 72 %. Daniel Garrigue, député du Bergeracois, regrette à son tour que son plan de revalorisation ait été rejeté par le gouvernement. Dans la salle, Claude Busselet, venu du Ribéracois, s’indigne et demande la parole. « Il y a des mots que nous ne pouvons plus supporter d’entendre ! En quoi une revalorisation de 2 € mensuels peut-elle bien réduire la pauvreté ? »
L’assemblée se termine après l’intervention de Paul Ardouin, du Tarn-et-Garonne. Vétéran du syndicalisme agricole et tabacole, le vieux lion n’a rien perdu de sa superbe ni de sa verve ! Il fustige une époque et des décisions malheureuses qui ont laissé à la traîne le régime agricole au regard du régime général : « Notre situation de vieillard s’aggrave et je trouve que nous sommes bien calmes ! »
Peut-être que ce n’est là que le calme avant la tempête ! Il est clair que dans un pays comme la France, qui se dit riche et évolué, il est impensable que la situation indigne des vieux paysans perdure, avec des moyennes mensuelles de retraites n’excédent pas 650 € pour les hommes et 370 € pour les femmes.
M. F.

 

Retour à la une ...


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex